LES CROISÉS-FRANCS
marquer leur. soumission au Saint-Siège !.
De son côté le comte de Toulouse réconahé avec l’église. se mit en marche pour aller au devant des croisés. 11 en rencontra bon nombre dans les environs de Valence, et se livra à quelques joyeux ébats avec Pierre et Robert de Courtenay, seigneurs d'Auxerre, ses parens ; 1l leur promit, foi de chevalier, de-les seconder dans leur expédition contre les -hérétiques, avec toute la loyauté d’un haut baron. Il accabla de dons. par des chartes ,.les églises et les monastères, sur son passage. Il le fallait bien, 1l s'agissait de sauver ses belles terres de la Langue-doc *.
L'armée des croisés traversa le Rhône en bon ordre, et vint se concentrer à Montpellier, où elle s’arrêta pendant quelques jours. On résolut d'attaquer d’abord les terres du vicomte de Béziers qui, étant informé de cette résoluuon des chevaliers de France , se rendit auprès du légat. Il passait pour un grand +fauteur
à Mathieu Paris ad. ann. 1213, Innoc. II, liv. 12 bb: 108.
Rigord , liv. 8. Cæsar. Heiïsterb, Liv. 5, chap. x1. Pierre de Vaulx Cernay, chap. 17.
2 Pierre de Vaulx-Cernay, ©. 15. — Annonym. Historial des comtes de Toulouse, ch. 5. Guill, de Puy-Laurens , c. 13,
LE COMTE DE FOIX. 69 d’hérésie. IL chercha à s’excuser, eu jetant la faute sur ses officiers. On ne voulut point l'écouter ; le vicomte prit alors la noble résolution de défendre par les armes ses domaines. 11 convoqua son parlement de vassaux , demanda conseil à ses hommes, qui tous unanimement applaudirent à la volonté de leur seigneur. Les bourgeois de Béziers fermèrent leurs portes, réparèrent leurs tours et leurs murailles; quant au vicomte il se renferma dans Carcassonne avec le dessein d’opposer la plus sanglante résistance. À cet effet :il fit demander des secours à son seigneur supérieur , le roi d'Aragon, dont la ville de Carcassonne dépendait. On lui en promit secrètement ’.
Ainsi se développait une guerre de population. à population, une invasion des Francs contre les Provencaux différens de langage .
de mœurs et d’'habitudes; c'étaient les sévères et hautains chevaliers du nord quittant leurs sombres manoirs et leurs vieilles tourelles pour envahir les villes riches et joyeuses de la Provence, et ces castels pleins de troubadours
à Chron, Preclar. Franc. Facin., p.112.—KEnnoc.fTt, hv.12,p.108.