‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 55 sur 336 · SIÉGE DE CARCASSONNE · texte numérisé non relu

SIÉGE DE CARCASSONNE

alors couverte, et partout on exigea foi et hommage envers Parmée des pèlerins francs qui s’avança sans plus tarder devant Carcassonne.

Le vicomte de Béziers, comme on l’a dit, y avait cherché un asile, ramassant tout ce qu'il put de cavaliers et de nobles hommes décidés à défendre les opinions de l’hérésie et l'indépendance de la Provence. Tout fut bon pour augmenter les fortifications, les murailles et les tours élevées. « Les maudits bourgeois détruisirent les réfectoires, les caves et les cellules des chanoines, et ce qui est encore plus exécrable, les stales même de l’église pour fortifier leurs murailles. Les maisons des paysans hérétiques demeurèrent en leur entier, et celles des serviteurs de Dicu furent jetées à bas”. »

Carcassone, placée à l'extrémité d’une montagne, était ceinte d’un double faubourg, tous deux couverts par des fossés et des remparts. Le premier futemporté à l’improviste. Le comtede Montfort, à la tête des chevaliers de France, se précipita à travers les barricades. Après

1 Epist. Innoc. III, ep. 108.

2 Pierre de Vaulx-Cernay, c. 16, Chron. Preclar. franc. faein

21e LE ROI D'ARAGON INTERVIENT.

deux heures derudes combats, il resta maître des maisons et des murailles. Le second faubourg, défendu par le vicomte de Béziers, fit un peu plus de résistance; deux fois repoussés, les croisés s’en emparèrent enfin, et les habitans se réfugièrent vers la haute ville.

Alors les chefs délibérèrent dans le camp.

Le duc de Bourgogne dit : « S'il nous arrive iC1 comme à Béziers, que nous rasions la cité de fond en comble, il ne restera rien pour nous qui allons devenir seigneurs et maîtres de ce territoire. Il vaut donc mieux traiter en épargnant les maisons et les richesses du lieu. »

Le roi d'Aragon venait d'arriver au Camp des Croïsés, suivi d’une noble chevalerie. Il avait été vivement affecté de la destruction de Béziers et de la situation du vicomte son grand ami, assiégé dans Carcassonne ‘, et 1l chercha à faire agréer sa médiation. «Le vicomte de Béziers est jeune, dit:l, je réponds qu'il accédera à de justes conditions : vousautres, francs, avezbeaucoup trop d’orgueil pour traiter d’affaires. »

i Lo rey d’Aragoun esta grandament malen coynos daquest fait; car lo dit viscoute era son aliat et grant ami, Chronique en langue somane, Preuve de PIlist. du Lang. t, ILE, p. 11

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