‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 66 sur 336 · PETIT NOMBRE DES CHEVALIERS FRANCS · texte numérisé non relu

PETIT NOMBRE DES CHEVALIERS FRANCS

quasi désespéré. Il n'avait plus sous son gonfanon que trente chevaliers de France; aucun Provençal ne voulait le suivre. Cependant avec ce petit nombre d'hommes il sempara encore de Mirepoix, réceptacle d’hérétiques, et de Saverdun dont les bourgeois lui firent plemme et entière soumission ’.

« En s’en retournant voilà que les chevaliers de Lombersvinrent demander à Montfort d’entrer dans leur château, mais ce n'était qu'une ruse; ils voulaient l’y attirer pour le sacrifier. « Allons, allons, dit le comie, je ne m'y laisserai point prendre *.»

Il restait donc le noble sire , presque seul d’entre les Francs, au milieu de la terre de ces maudits Provençaux ; 1l songeait toujours à se faire admettre à l'hommage pour les vicomtés de Béziers et de Carcassonne, et à régulariser ainsi sa possession, d’après les lois féodales. En guerre avec le comte de Toulouse, :l ne pouvait le requérir d’agréer sa féauté *. Que

faire ? Il chercha donc à légitimer pour le

1 Pierre de Vaulx-Cernay , chap. 23.

a Ibid.

# L'historien provençal des comtes de Toulouse, dit cepen-

RÉVEIL DES PROVENCAUX. 89

moins la seigneurie de Carcassonne, et demanda à faire l'hommage au roi d'Aragon.

Pierre s’excusa de ne pouvoir l’admettre ; mais lassé de ses pressantes sollicitations, il lui donna rendez-vous à Narbonne. Ils se virent en effet; mais, pendant quinze jours que durerent les conférences, Simon ne put persuader le roi de recevoir sa foi féodale ; le suzerain éloignait cette formalité sous divers prétextes. On disait même que des hommes sûrs parcouraient tous les arrière-fiefs des vicomtés de Béziers et de Carcassonne et répétaient aux feudataires : « Ne faites qu’un hommage simulé à Montfort ; ce n'est pas un homme de notre race, un baron légitime ; en quelque temps vous aurez du secours.» Ces feudataires tinrent compte de cet avis, car aucun d'eux ne remplit ses devoirs de féauté, si l'on en excepte quelques abbés ou évêques possesseurs de terres.

C'était un attachement véritable que celui dant que Montfort fit quelques démarches auprès d'u comte de Toulouse pour en obtenir sa permission d’hommage. « Et de fait par le

conseil del dit leguat mandet sas lettras al conte Ramon à Tolosa et aussi als habitans d’aquela per saber se an se volien accordar. »

1 Pierre de Vaulx-Cernay, chap. 25.

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