HOMMAGE DU CLERGÉ
Durant cette expédition, Simon recut l’hommuge de l’évêque de Cahors, seigneur de cette ville". Le clergé se pressait autour des envahisseurs; il en fut toujours ainsi. Lorsque les Francs, sous les Mérovingiens, envahirent les Gaules, qui accourut le premier au-devant du vainqueur, qui salua la puissance de Clovis ? Il yavaitencore d’autres motifs qui attachaientles clercs à Montfort ; 1l était l’organe de la puissance catholique, et les évêques se hâtaient de la proclamer et de la reconnaître, car elle leur profitait grandement. Îl n’en était pas de même des fils du pays; 1ls se levaient sur tous les points du territoire, contreSimon de Montfort, entourés alors, d’Allemands, d’'Anglais, et des iroupes récemment arrivées des extrémités du norddela France. Un jour, six chevaliers anglais dont l’un était fils de l'archevêque de Cantorbéry, se trouvèrent entourés tout à coup d’une multitude armée. Ils allaient mettre la lance en arrêt , lorsque par un instinct adroit , les hommes du comte de Toulouse plougèrent leurs petits couteaux dansles flancs des chevaux
1 Régist. Curiæ Franc. Preuves de l’histoire du Languedoc, t. 3,p. 231.
CHEVALIERS ANGLAIS. 113 qui tombèrent'; nos six chevaliers ainsi démontés, voyant qu'il n'y avait pas moyen d'échapper, dirent au chef de la troupe : « Nous nous rendrons, à condition que l’on nous promettra cimq choses : Tu ne nous tueras ni mutileras ; tu nous tiendras en honnête garde; tu ne nous sépareras pas; tu nous admettras à rançon; enfin, tu ne nous laisseras au pouvoir d'autrui : si tu epgages pour ceci ta foi nous déposons l'épée; simon, non; et alors nous vendrons chèrement notre vie. » Les hommes de la Langue-doc promirent ce qu'on leur demandait; néanmoins, les prisonniers anglais furent livrés au comte de Foix qui les fit charger de grosses chaînes, et jeter dans un cachot sr étroit, qu'is ne pouvaient se tenir debout, nt s'étendre par terre. Pour les faire manger, il y avait, dans la geôle, un pertuis très-petit, par où on leur offrait leur nourriture. Ce fut là que le comte de Foix les retint jusqu'à ce qu'ils eussent bien rançonné *.
Ce mouvement nationai des Provencaux s'o-
* a Pierre de Vaulx-Cernay. 48 et suiv.
2 Ibid.
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