‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 94 sur 336 · CONCESSIONS DE TERRES AUX FRANCS · texte numérisé non relu

CONCESSIONS DE TERRES AUX FRANCS

que pour cas de trahison, vol et rapine. Il fut dit encore que Simon de Montfort serait tenu de garder envers les chevaliers de France les mêmes devoirs que les seigneurs supérieurs observaient dans les environs de Paris envers leurs vassaux. De nombreuses terres confisquées furent, à la suite de ce parlement , inféodées par le comte Simon en faveur de ses vaillans compagnons. De là, sans doute, ces noms de race franque qui se retrouvaient dans les derniers temps en la province de la Languedoc, tels que ceux des Levis et des Voisins”. Ces changemens définitifs, dans un des grands fiefs de la couronne, ne pouvaient s’opérer sans appeler l'attention de Philippe-Auguste. Cen’était plus seulement la vicomté de Carcassonne et de Béziers, qui passait en d’autres mains, mais la plus riche , comme la plus étendue des vassalités de la couronne qui changeait de maitre, sans que leroides Francs, seigneur suzerain, eût été partie en rien dans cette mutation, sans qu'une intervention quelconque leût sanctionnée. Le comte Raymond était cousin du roi

à Voy. Cæsen franc-aleud., 1. 2, c. 4 et suiv. Dm. Vaissète, Hist, du Languedoc , t. 3, p. 234.

de Francequiluiavait promisappuï; et, bien que sa conduiteincertaine, lâche ou folle, neméritât dans cette circonstance aucun intérêt, le suzerain ne pouvait voir dépouiller un parent de sa race, un grand vassal de sa couronne, sans le jugement de sa coeur dans la forme féodale.

On pouvait bien dire que la domination franque dans les provinces méridionales rattachait de plus en plus ce fief éloigné à la couronne des Capets, fils eux-mêmes de cette race, qu'elle effacait ainsi les petites nuances qui pouvaient rendre l'exercice de la suzeraineté difficile sur des terres éloignées ; mais tout cela s'était opéré sans que le roi eût été consulté, et ce fut sur ce point que ses plaintes portèrent.

Philippe-Auguste écrivit, en effet, au pape dans les termes d’un juste étonnement sur la conduite de Montfort, en ce qui touchait le comte de Toulouse :« Je ne pense pas, disaitl, qu'on veuille me dépouiller du droit de ma suzeraineté, et certes la Langue - doc n’a pu changer de seigneur sans ma participation. »

Le pape répondit : « Le comte de Toulouse s'étant présenté autrefois devant nous, a tâché

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