LE DINER
Les plaisirs de la table étaient aussi une affaire d'ostentation dans la vie des châteaux et dans les mœurs de la chevalerie. La cour de Philippe-Auguste, comme celle du grand roi Arthus , de célèbre mémoire , se faisait remarquer par le luxe des repa* Son compte de dépense au trésor dès chartes , porte une somme de 4° livres parisîs pour le poisson d'Ltampes à l'usage de la table du roi , 2 livres pour des potages à la purée , au lard , aux légumes et au gruau; 5 livres pour des oiseaux rôtis à l'eau rose avec un peu de vin et de sel ; 4 ïïvres pour des échaudés , des gaufifres , achetés aux marchands qui s'établissent à la porte des églises ; 2 livres pour les fruits secs, avelines, et gimgembre confit , et 3 livres pour un superbe paon, oiseau tout royal \
Lorsque le roi réunissait ses barons , il se disposait à leur faire bonne chère autour de la table d'honneur ou table ronde. Dès que nonne sonnait au monastère, des sièges en noyer, rembourrés de jonc peint en rouge et eu jaune, et dont le sommet se terminait en ogive , étaient rangés autour de la table, sur laquelle était dis-
1 Biussel, De l'usage des fiefs, t. a, pèces justificatives.