‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 119 sur 248 · DISSOLUTION DE LA COMMUNE · texte numérisé non relu

DISSOLUTION DE LA COMMUNE

vers la commune ! Alors nous lûmes vos bulles et l'ordonnance de notre seigneur Philippe, et, prenant la parole, nous dîmes aux bourgeois : Vous avez fait une commune ou une conjuration , nous vous ordonnons de la rompre , Mais , comme les bourgeois restaient muets , nous avons relevé le peuple des sermens dans lesquels ils s'étaient témérairement engagés; lui enjoignant de n'avoir aucun égard dans l'avenir ni aux tailles, ni aux dépenses pour les gardes, ni à toutes autres exactions, imposées par les lûagistrats de la commune illégale. Ceci étant terminé , arrivèrent les plus puissans bourgeois, savoir : Thomasd'Àmboise, Philippe d' Airoeri , Nicolas d'Engerand , Guy de Gatinelle et beaucoup d'autres qui, sur notre avertissement , abjurèrent la commune sur les saintes reliques. Tous ceux qui ne firent pas ce serment , et ils furent assez nombreux, demeurèrent sous le poids des excommunications; et ainsi , la commune de Château-Neuf a été rompue au profit des chanoines de Tours. »

Dans cette circonstance, comme on le voit, le roi servit le clergé contre les libertés nais-

ie ir

ra té te

24o JUGEMENT ROYAL.

brute soit réprimée, nous et nos pauvres religieux, nous quittons layille : qui pourrait rester au milieu de semblables périls ! Si tous ne vous opposez pas à une si grande peste, le mal s'emparera de tout le corps. »

Ce fut après la guerre de Bourgogne , que Philippe- Auguste vengea l'église de Vienne de» pilleries du comte Gérard. «Assis sous les donjons de Saint-Maur , entouré des barons de notre royaume , nous faisons savoir à tous , présens et à venir, qu'on a récité en notre présence une charte de notre père, en faveur de l'évêque de Mâcon, et les lettres de Gérard contre l'évêque. Sur l'audition de ces chartes, nous confirmons l'ancien privilège qui porte que le comte n'a aucun droit dans les fermes des chanoines pour les choses tant immobilières que mobilières , et qu'il ne peut exiger le gîte pour lui et ses hommes d'armes. D a été de plus arrêté par nous, que ledit comte nedoit avoir aucune forteresse ni tour à créneaux, aucun pont-levis, aucune chaîne de défense dans la ville de Mâcon , excepté l'ancienne tourelle. U sera permis au contraire à l'évêque et aux clercs de fortifier, selon leur bon plai-

DONATION BU ROI. H^l

sir , l'église et toutes les maisons qui sont contenues dans l'enceinte du cloître, et d'augmenter toutes les clôtures qui protègent leurs champs. Ceci a été fait et jugé d'après notre arbitrage 1 . »

Cette prédilection pour les privilèges et les droits de l'église se manifeste par un grand nombre de chartes contemporaines. Dans les quatre ou cinq premières années du règne du jeune roi , plusieurs donations signalèrent son zèle et sa piété. Il donna à l'église de Barbelle un rente annuelle de dix livres de cire , pour entretenir un luminaire devant le sépulcre de Louis VII, son père l ; aux moines de Fortelo, à ceux de la Vallée-Profonde *. à l'église de Laon, la dîme sur tout le pain et le vin qu'il consommerait , tant qu'il demeurerait à Vitrj et à Montlhéri 1 . Il confirma les donations faites par Mathilde , comtesse de Nevers, de quarante arpens de terre à l'église de Pontigny s ; celle d'ELéonore, comtesse de Beaumont, qui avait concédé l'espace de plusieurs charrues

i Martène , hist. XVII , 4^4- — » Gall. Christian. , édit. a e t. XII, col. 5o , preav. - — a Gall ibi4*, t. VII , preu*., col. 22a — 5 Marten Thesaur Ànecd. t. III., col. 1239.

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