LES JUIFS SÉDUISENT LES BARONS
.dre leurs meubles, mais on retint pour le fisc toutes les maisons ou propriétés qu'ils avaient .acquises , leurs fiefs , champs et vignes , granges et pressoirs. En même temps comme Pavait conseillé frère Bernard, il quitta tous ses sujets des dettes qu'ils avaient souscrites au .profit des Juifs x .
Lorsque ceux-ci connurent cet édit , ils furent frappés de stupeur. « Ils vinrent trouver les prélats et barons , et ils leur promirent bonne somme de deniers s'ils pouvaient obtenir du roi leur demeurance. » Les barons s'engagèrent à solliciter la révocation des ordres de leur suzerain , mais Philippe demeura inflexible. « Quand les juifs virent que les pré- » lats étaient éconduits par Philippe, tandis )> que les autres rois avaient coutume d'incliner » assez légèrement à leur volonté , ils furent » merveilleusement esbahis et éperdus ; ils » commencèrent à crier : Scema Israël , qui » veut dire en hébreu que Dieu escoute. Quand » ils virent qu'ils ne pouvaient estre autrement » et que le terme approchait qu'ils devaient » avoir la France vidée , ils commencèrent à
i Alberic moine des Trois-Fontaifie» , ann. 1182.
R Ofô ILS SONT ARRÊTÉS ET PILLÉS. 255
pourt » yendre leurs meubles et garnisons à merveilu'ik » leuse haste 1 • »
spa: Le roi ne se contenta pas seulement de ce mi bannissement : il fit arrêter le même jour fà t» tous les Israélites réunis dans la synagogue, a II iscrit3 les dépouilla de leur or et de leurs habits , comme au temps d'autrefois , les Hébreux lit,» avaient fait aux Egyptiens, et leur commanda ittrc de se cacheter pour dix mille marcs d'argent. >rour C'est à cette époque que toujours indusitdt trieux les Juifs inventèrent, dit-on, la lettre s sa de change pour sauver quelques débris du vk naufrage. Ils envoyèrent, en effet, une partie >un de leur or et de leur argent en Italie et dans lesf l'Allemagne au moyen de ces lettres de cré- (* dit. Eux-mêmes vidèrent le royaume dans încfc le terme qui fot dit, et emmenèrent femmes et k enfans et tous leurs ménages, ce Quand ils se fat> rent ainsi allés et que France fut vidée de telle V canaille, le bon roi commanda que les synago- )t gués aux Juifs fussent nettoyées et curées là i* où ils soûlaient s'assembler. »
& La plupart de ces synagogues furent con-
i Chroniq. de Saint-Denis > ann. 1182.