‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 161 sur 248 · MÊLÉE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

MÊLÉE GÉNÉRALE

verse Pierre de Pradelle , Baudoin renverse Raoul, Hugues renverse Foulques, Robert abat Henri. Ainsi les Français unis d'un même sentiment , font rage contre leurs ennemis. Us ne sont qu'une petite troupe , mais ils ont un courage terrible à la guerre, une force toute bouillonnante , une valeur à toute épreuve ; ils ne savent pas se laisser vaincre , et le glaive vengeur supplée ainsi pour eux à la faiblesse du nombre. Bientôt Dreux ayant pansé sa blessure, a repris son casque; Guillaume des Barres a retrouvé un cheval , et saisissant de nouveau ses armes , il frappe à son tour. Les champs s'engraissent du sang répandu. Les chevaux qui ont perdu leurs maîtres vont errans dans la campagne; la plaine se hérisse de lances et de flèches ; naguère elle était comme une 'aire tout à nu , maintenant elle est comme une forêt couverte de bois ; la terre disparaît sous les débris des armes; vous verriez couchés çà et là les hommes et les chevaux , touchant aux portes def la mort.

Déjà* les rangs a'éclaircissentyime fuite rapide découvre l'un et l'autre côté de la plaine; l'ennemi fait irrévocablement , ne pouvant sou-

NOUVELLE SUSPENSION BAUMES. 5a T

tenir plus long-temps la fureur terrible des Francs, et sur tant de milliers d'hommes vous n'en trouveriez pas un seul qui voulût vendre ses éperons pour mille livres*

«Où fuyez-vous? reprenez vos esprits, revenez au combat , ou du moins arrêtez-vous au milieu delà plaine. Personne ne vous pressé , personne ne poursuit vos escadrons. Cette jeunesse si courageuse est bien clair semée. Devant <jui fuyez-vous? Oh ! soyons honteux, que mille chevaliers et beaucoup d'autres encore en qui brille la vertu guerrière, qu'une naissance illustre entoure des plus grands honneurs, soient aussi facilement mis en fuite par trente hommes tout au plus 1 . »

Cependant , les approches de l'hiver suspendirent les hostilités. Les chevaliers et les prélats des dieux camps se visitaient les uns les autres, et rapprochés par la tristesse qu'avaient fait naître les déplorables nouvelles de Jérusalem , ils plaignaient fombition de deux rois, qui oubliaient les malheurs de Jésus-Christ , pour de vaines querelles. Une ancienne fraternité

i Tel est le récit animé de Guillaume le Breton ; rien n* peint mieux les habitudes des guerre» du moyen âge.

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