‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 162 sur 248 · RICHARD TRAHIT SON PÈRE · texte numérisé non relu

RICHARD TRAHIT SON PÈRE

chevaleresque unissait Philippe et le comte Richard ; ce comte avait déjà abandonné , une première fois, comme on l'a vu, Henri 11, son père, pour passer du côté du roi de France ; le bruit courait alors parmi les barons et les chevaliers que Henri l'avait déshérité, quoique son fils aîné, de la couronne, et qu'une charte testamentaire la confiait à Jean son frère puîné; plusieurs fois le bouillant Richard avait demandé <pi'on l'associât au trône, et Henri s'y était toujours refusé, ce qui confirmait les bruits qu'on faisait courir sur la disposition testamentaire du roi '.

Sur ces entrefaites, une entrevue fut indiquée pour préparer la paix entre les deux couronnes. Philippe eut l'occasion de voir plus intimement le comte Richard ; des joutes , des tournois , une échange de couleur signalèrent leur tendre amitié , et réveillèrent les. soupçons du vieil Henri; cependant tout . se passa le premier jour assez paisiblement ; la veille de Saint-Hilaire les rois s'étaient placés au milieu de leurs chevaliers qui s'essayaient avec la lance- et l'épée. Le comte Richard et l'évêque

i Le moine Geivais chroniq. , ari a m*. 1188.

TUCHARD FAIT ENCORE HOMMAGE A PHILIPPE. 5af>

de Reims était assis à côté des deux princes; tout-à-coup Richard se 1ère et dit à son père : « O roi , assure-moi la succession de ton royaume.» Suivant son usage, Henri garda le silence. « Compagnons , s'écrie aussitôt Richard, vous allez voir quelque chose à quoi tous ne tous attendiez pas certainement. »

Aussitôt il tire son épée, se tourne du côté de Philippe, lui fait hommage, et invoque *on appui pour le droit dont on veut le priver. Le roi anglais , plein d'inquiétude , se retire. Il se rappelait tous les maux que. Henri, son (ils, lui avait causés par son alliance avec le roi Louis Vil, et Philippe-Auguste valait mieux que Louis. Il se vit accompagné dans sa retraite par un très-petit nombre de barons et de chevaliers. La plupart préférèrent Richard , parce qu'ils voyaient en lui un prince jeune, plein d'espérance et de valeur *• .

En effet, Richard, duc de Guyenne , était un peu plus âgé que Philippe ; on admirait la régularité de ses traits ; ses yeux étaient bleus, grands et pleins de feu; il avait les cheveux d'un

i Cette entrevue ent lieu datis l'octare de la Saint-Martin, 1 188, ifiaoul de Dicet ad ann. 1188)

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