‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 206 sur 248 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

tt90-tt9f.

Départ de Messine. — Richard refuse de suivre Philippe- Auguste.

— Arrivée des Français devant Ptolémaïs. — Situation de l'armée chrétienne. — Les Sarrasins. — Navigation de Richard»

— 11 prend l'île de Chypre. — Combat naval contre les infidèles. — Débarquement à Ptolémaïs. — Préparatifs du siège.

— Courtoisie chevaleresque entre les rois chrétiens, Saladin et Malek-Adel. — L'ordre de chevalerie conféré à Saladin. — Nouvelles querelles de Richard et de Philippe. — Continuation du siège. — Mœurs des pèlerins. — Ptolémaïs se reud. —Maladie de Philippe- Auguste. — 11 prend la résolution de revenir en Europe. - Il le fait annoncer à Richard. — Mépris de ce prince pour son rival. — Départ de Philippe -Auguste. — Son voyage. — 11 vient à Rome. — Retour en France.

La rupture des fiançailles de Richard avec Alix , qui touchait à l'honneur de la royale famille de Philippe , étant ainsi facilement arrangée pour dix mille marcs d'argent, les . barons de France se préparèrent au voyage de la Palestine. Le printemps s'avançait, et les paladins, brûlant d'impatience de se mesurer avec les Musulmans, fourbissaient leurs armes, / et s'essayaient dans des combats singuliers. Le

BONS DE PHILIPPE A SES CHEVALIERS. i

séjour de Messine avait ruiné la plupart • I barons; la prodigalité chevaleresque , l'anu des plaisirs et des belles femmes f comme dit i chroniqueur, ne leur avait pas laissé une ob( D'autres avaient perdu leur avoir dans la U i pête qui avait assailli, la flotte royale. Preî i par la misère , presque tous s'adressèrent suzerain; le roi Philippe leur fit de gra:

dons, a II donna aux pauvres barons de s royaume , savoir , au duc de Bourgogne , m i marcs d'argent ; au comte de Nevers six cei marcs; à Guillaume des Barres quatre cei marcs ; à Guillaume de Mello quatre ce onces d'or, àl'évêque de Chartres quatre cei onces, à Mathieu de Montmorency trois, cen et à maints autres dont nous taisons le noi parce que le nombre en est trop, grand \ j> Les denrées étaient montées à des prix cessifs pendant le séjour des rois. Un sérier froment valait vingt-quatre sous d'argent ; sérier d'orge , dix-huit , et une pinte de vï quinze ; une poule, douze deniers \ Philij:

i Chronique de Saint-Denis, page 3j2, édition de D. Tria! a Nons donnerons à la fin de l'ouvrage une ta! le de compara avec les monnaies actuelles.

58o PHILIPPE SOMME RICHARD DE LE SUIVRE.

écrivit au roi et à la reine de Hongrie , afin qu'ils lui envoyassent des provisions pour les chevaliers ruinés. En même temps il s'assura l'amitié de l'empereur de Constantinople , «le priant se il advenait qu'il passât parmi sa terre, de lui livrer une route \ »

Lorqu il se fut ainsi précautionné de tous les moyens pour la voie d' outre-mer, il envoya ses messages au camp du roi Richard , « et il l'admonesta afin qu'il fit tout aussitôt appareiller et qu'il eût à se tenir prêt pour son pèlerinage, à la mi-mars. » Le roi Richard , répondit : « Je ne le puis, j'ai fixé mon départ au passage de la miaoût. Quand Philippe eut entendu cette réponse , il dit à ses messagers : « Retournez auprès de Richard, et annoncez -lui que je le somme de me suivre comme mon homme lige ; s'il fondf des retatds sur son prochain mariage avec Bérengère, dites-lui qu'il l'emmène ainsi que la reine Éléonore ; il l'épousera dans la cité d'Acre-, et il aura tout le temps de festoyer ses noces; Richard répondit : « Je pe le veux ni ne le puis. » Alors les messagers crièrent sous la tente des Anglais : «Nous commandons^ toua

l Chroniq. de Saint-Denis.

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