‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 225 sur 248 · LOIS DE CHEVALERIE · texte numérisé non relu

LOIS DE CHEVALERIE

quel on le coucha ensuite, exprima la joie et le repos du paradis , et la robe écarlate dont on le revêtit montra qu'un chevalier doit toujours être prêt à répandre son sang pour son Dieu et sa foi. Ensuite le seigneur de Tabarie lui imposa les trois grands commandemens du symbole chevaleresque: i° ne jamais parler contre la vérité; 2° secourir les dames et les orphelins ; 5° ne jamais reculer devant l'ennemi. Le Soudan fut tellement enivré de ces préceptes, qu'il accorda sur-le-champ la liberté à dix chevaliers chrétiens au choix du seigneur de Tabarie. Alors celui-ci prenant la parole , lui dit : « Soudan , tu me dis d'aller quêter ma rançon en Europe ; tu es chevalier maintenant, je m'adresse à ta générosité pour l'obtenir. » — ce Tu ne m'auras pas invoqué en vain , répondit le sultan ; je te donne la moitié de ta rançon ; suis-moi maintenant, je te ferai trouver le reste. » En disant ces mots il conduisit le seigneur de Tabarie dans la salle des émirs , qui , accroupis sur de beaux tapis, à la manière sarrasinoise , jouaient avec des pêches de Damas , et leur dit : « Voilà le vaillant comte franc de qui je tiens l'ordre

4<>8 DISCORDES ENTRE PHILIPPE Étf RICHARD.

de chevalerie; il demande que vous contrp buiez à sa rançon. » Alors tous , à l'envi, donnèrent des pièces d'or; il manquait encore treize mille pièces , Salàdin les remit à son noble parrain , qui parcourut l'Europe , proclamant eti tous lieux la magnificence du soudan 1 .

Ces politesses chevaleresques entre leé jttinces francs et Saladin , continuèrent jusqu'à ce que les deux rois eussent recouvré toute leur santé. Us allaient pousser le siège d'Acre avec vigueur, lorsque de nouvelles querelles s'élevèrent entre eux , et les détournèrent Un moment de l'objet de la sainte entrepriser Un jour Richard fut sermoné par Philippe : « Tu dois me faire raison , lui dit-il , de la conquête de l'île de Chypre et des trésors du vieil Isaac ; d'après les conditions de notre pèlerinage , nous devons partager tous nos acquêts. — dette conquête n'est point du pèlerinage < répond Richard. Isaac a insulté ma sœur et Bérengère de Navarre , il a pillé mes hommes : je me suis vengé. Puisque tu parles de traité ♦

i Fabliau de Fordène de chevalerie, dans les MSS. du Roi ; il est rapporté dans Legrand d'Aussi * collection de fabliaux , t. «<

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