COUR DES PAIRS
mande que le duc me livre Hugues Dacel soir majordome qui a fait tout ce mal. Je réclame la moitié des péages qu'il lève à Châtillon , car cette moitié m'appartient ainsi que le moulin dont il s'est emparé malgré l'excommunication y enfin je veux qu'il détruise les murs de Dijon,, qu'il a élevés sur iœs t propres terres et vis-àvis de mes châteaux.
Le Duc, Je réponds à ce que tu me demandes. Tu ne m'as pas voulu faire justice , et conséquemment je ne suis plus ton homme.
Je demande à mon tour que tu combles les.
fossés de Moissy 9 et que tu rases les murailles. *
UÉvêque. Tu t'es fait mon homme de bonne foi. J'ai reçu ton hommage. Voilà pourquoi tu dois tenir à ce que tu m'as promis. J'ai refusé dis* tu de te rendre justice en ma cour. Tu mens par la gorge. Je t'ai désigné un jour pour te présenter devant moi, Qu as-tu fait? au lieu de venir en personne, tu m'as envoyé un de tes hommes. C'est en personne qu'il fallait te
i Respondere volo, rectum mihi facere denegarôundè bominio reountiavi, sed quero ut destruas mihi caïman et foMafom* quodfactum est apud B&oîmî. {Ibid.)
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présenter en ma cour. Je n'ai pas voulu entendre ton serf; en quoi suia-jerépréhensibie? Quant aux remparts de Moissi,. j'avais le droit de Élire ce que j'ai fait. Mon frère les avait commencés, et tu n'avais pas élevé la moindre plainte.
Le Duc. Ni moi, ni les, miens ne sommes astreints de nous présenter en personne devant ta cour. Montre-moi une charte qui le constate.
L'Évêque. Mes prédécesseurs n'ont jamais répondu à de simples procureurs, mais aux ducs eux-mêmes. Tes ancêtres ne s'y sont jamais refusés. Toi-même, deux fois tu t'es présenté en ma cour.
Le Duc Je l'ai fait par simple amitié et tolérance.
L'Évêque. Tu te trompes; tu n'as fait que reconnaître un droit.
Voilà, continue la charte, ce qui fut dit en la cour ; le comte ayant fait défaut à trois nouvelles sommations, les barons le condamnèrent à remplir toutes les réclamations de l'évêque; la charte fut scellée par l'anneau de Guy le bouteiller , Mathieu le connétable , Pierre le cham-
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bellan, l'évêque de Soissons, Févêque de Langres, Thibaut de Paris, Alain d'Autun; et Hugues le chancelier la rédigea. 1
Les formes de ce f procès portent avec ellesmêmes les premiers germes d'une grande institution qui dans sa marche à travers les siècles défendit les principes de l'autorité royale. C'est par l'action régulière de la cour des pairs ou plaid royal, que Philippe- Auguste réunit à la couronne les plus belles provinces de la monarchie; c'est par l'exercice de la justice que la royauté a marqué sa place au sommet de nos anciennes institutions; ce que la force arrachait, la force pouvait le reprendre; mais cette habitude de trouver protection et justice
i Voici le texte : Hiis dictis, itum est ad judicium sed judices de jiv dicio alium diem dicere quœsierunt. Et nos prtefiximua tliam diem. Episcopus veiit; dux commanda vit. Iterum dedimus alium diem; Episcopus venit. Dux venire comtempsït , habito adhuc concilio , Dtintium nostrum misimus ad duoem quidam reperit incolumeu et equitantem et ipsa de parte no&tra nominavit quartem diem ad quem venit Episcopus, sed dux non veniens suum misit nuntium qui eo solo excusabat dominum suum non veuisse quod tantas dietas facere non poterat. Hiis de causis, ju dicio curiae adjudicavimus duci querelas suas episcopo suas reddi debere judicavimus: (On peut trouver dans cette formule quelques idées cîc la procédure féodale. )
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à la cour du suzerain fit plus de conquête* que les armes victorieuses des monarques.
Telle était la société depuis l'avènement des comtes de Paris à lacouronnedes carlovingiens; suivons maintenant l'histoire d'un règne qui modifia si sensiblement toute cette organisation politique.