‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 43 sur 248 · RÉVOLTE DES BOURGEOIS DE VÉZELÀI · texte numérisé non relu

RÉVOLTE DES BOURGEOIS DE VÉZELÀI

le» chevaliers servirent leur seigneur avec le vin de Quny et le» bons poissons du vivier de l'abbé; enfin , pour terminer d'un seul coup la querelle sur la juridiction des bourgeois de Vézelai, le comte chercha à les soulever et à les réunir en commune; ses messagers leur promirentuneexemptionabëoluedetoutpéage, s'ils voulaient se placer sous la juridiction du comte de Nevers; « ces maudits bourgeois ajoutèrent foi l à ces paroles perverses, et prirent parti pour le comte contre l'abbé; alors les bons pères voyant que la viande leur était tollue et soustraite* etsevoyant en tel point qu'ils n'avaient plus de quoi manger, ils s'en allèrent tous à Paris se jetter aux pieds du bon roi Louis ■ ». Le roi les rassura ; il écrivit d'abord au comte de Nevers t et ce baron n'ayant point répondu à son suzerain, Louis et son fils marchèrent contre ses domaines et le contraignirent ainsi que ses bourgeois à rendre au monastère la juridiction qu'ils lui contestaient.

Dans ces exercices militaires , les forces du jeune Philippe se développaient avec vivacité;

i Guillaume de Poitiers , chronique de Véselai. (Loc. cit. ) — r MenreHl. des HUt. Règne d* Louis VII.

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il joutait déjà avec adresse contre les chevaliers expérimentés, et dans les tournois on avait déjà plusieurs fois distingué ses coups de lance , qui faisaient présager «un prince très-accompli pour le fait des batailles et prouesses • . Depuis long-temps le roi Louis, selon l'usage de ses prédécesseurs , songeait à l'associer à la couronne. Ces associations royales, mélange des traditions germaines et des institutions de l'ancienne Rome , avaient pour objet tout à la fois d'engager par avance la foi des barons envers l'enfant-roi qu'ils choisissaient, pour ainsi dire; en même temps , d'habituer le jeune monarque au poids des affaires publiques, dont il entrait immédiatement en partage. Dans l'année 1 1 79, Louis, qui avait déjà 70 ans d'âge, et était aggrégié d'une maladie que les physiciens nomment paralysie l , convoqua à Paris une assemblée gênéraledetous les archevêques, évêques, barons de France; les communes n'avaient point encore assez d'importance pour recevoir une convocation spéciale; quelques bourgeois se rendirent néanmoins dans la maison de Maurice , évêque de Paris, où se tenait l'assemblée; dès que tous

1 Chroniq. de St.-Denb, Apud Dom Brial , t. xvu , p. 357»

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les seigneurs furent arrivés, Louis entra seul dans la salle, où des sièges étaient préparés; puis, appelant l'un après l'autre les archevêques, évêques, abbés et barons de France, il leur dit : «Je voudrais, avec votre consentement et volonté, associer, au royaume, mon fils, qui ma été donné par Dieu et qui commence à grandir; je vous convoque pour le jour de l'Assomption de la bienheureuse Marie.

«'Bien dites, sire roi, répondit l'assemblée, et sois Eut ainsi que vous le dites \ »

Après avoir obtenu ce consentement préliminaire, Louis fît des présens à chacun, les invitant à ne point manquer à la prochaine assemblée, dans laquelle les barons reconnaîtraient tout à la fois leur jeune suzerain et assisteraient à son couronnement dans la ville de Reims.

Vers le premier jour de juillet, le roi et son fils vinrent à Compiègne pour se préparer à la grande solennité de l'association ; mais un incident qui appartient aux moeurs de ces temps,

i MSS. de la Chronique de Saint-Denis, cité par Dom Brial, et sur lequel il a corrigé l'ancienne édition des Chronîq. T. xvn d» la Collection des historiens de France, p. 349*

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