LE G 1 ' DE NEVERS ET LES MOINES DE VÉ2ELÀI
cordes-tu dans tes domaines? tu arrêtes et tu pilles les Juifs et les marchands qui parcourent les chemins publics , * en payant les péages et les droits depuis Auxerre jusqu'à Vézelai. »
— «Ce que je fais ainsi, je l'ai fait de tout temps, et aucun abbé n'a élevé de réclamation ; tes hommes n'enlèvent-ils pas aussi tout le vin d' Auxerre dont ils peuvent s'emparer?»
Ces griefs , que l'abbé et le comte s'imputaient réciproquement , s'étendaient aux forêts, aux péages, en un mot à toutes les questions que le système féodal pouvait faire naître entre deux seigneurs voisin», dont l'autorité, découlant de deux sources différentes, s'appuyait sur des élémens divers , et qui prétendaient à une égale indépendance. Les contestations , qui s'étaient d'abord bornées à des enquêtes et à des informations par témoins, devinrent bientôt plus violentes : le comte de Nevers attaqua l'abbaye de vive force , et en brisa les portes en mille pièces à coups de hache d'armes; il pénétra dans le cellier de l'hôtellerie du monastère , et là , malgré les larmes et les excommunications des religieux,