PRINCBSCHBÉTÎEHS, ET MAU&E8 D* ESPAGNE
dans sa chambre, déchira ses vêtemens et les couvertures desoie qui ornaient son lit , et ne pouvant pas foire un plus grand dommage, il se mit à rogner la natte de paille qui couvrait le plancher *. A cette violence de caractère, Henri joignait un ardent amour pour les femmes, et une noble passion pour les lettres ; ce fut sous son règne que brillèrent la plupart de ces trouvères normands dont les poëmes plus graves, rivalisèrent cependant, avec les gaies chansons des troubadours de la Provence et de l'Aquitaine.
La plus grande partie de l'Espagne était au temps de Philippe Auguste encore occupée par les Maures; Cordoue, Grenade, Tolède, qu'embellissaient leurs palais embaumés etleurs mosquées à mille colonnes, obéissaient toujours aux princes musulmans; mais cachée d'abord au sein des montagnes, une vieille race de chevaliers chrétiens a©dt peu à peu étendu ses domaines par des conquêtes et les royaumes de Cas tille et de Léon s'étaient formés des le onzième siècle. Alphonse , surnommé
i Epbt. S. Thomas, T. i, p. 45.
ROIS JAURES ET CHRÉTIENS d' ESPAGNE. Il3
le noble fils de Sanche III, avait été élu roi pour conduire cettebravenoblesse. Toute la jeunesse de ce prince avait été occupée à combattre les Maures, et les plaines de Cuença gavaient vu , aidé des chevaliers de l'Aquitaine et du comté de Toulouse , rougir la terre du. sang des Sarrasins. Le royaume de Léon, encore séparé de celui.de la Castille, reconnaissait pour roi Ferdinand II , vieux chevalier connu par l'institution de l'ordre militaire de Saint- Jacques, et par le grand nombre de ses femmes, coutume qu'il avait empruntée aux Maures. Le royaume de Portugal devait son origine aune expédition chevaleresque. Alphonse Henriquez, fils de Henri de Bourgogne, avait vaincu les Maures, et pour récompense il reçut le titre de comte. Après la victoire de Rabase-dei-Reis, où cinq princes maures tombèrent sous ses coups, Alphonse fut revêtu des insignes de la royauté par les cor tes de Lamégo. Sanche IV, fils aine de Garcias IV et de Marguerite de France , sœur de Louis VII, occupait le trône de ^Navarre; prince turbulent et ambitieux, il avait souvent porté le désordre dans la croisade nationale contre les sarrasins d'Espagne. A l'avènement