‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 58 sur 248 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

I l4 WALDÉMAR I ,r , ROI DE DANEMARK.

de Philippe- Auguste, Henrill, roi d'Angleterre, venait de terminer une guerre folle que don Sanche avait entreprise contre le roi de Castille'.

 l'autre extrémité de l'Europe chrétienne se trouvait un royaume qui serait sans importance pour les événemens que nous avons à raconter, silemariagedlngerburgeavecPhilippe-Auguste ne l'avait mis en rapport avec la France : nous v oulom parler du Danemarck. Waldémarl,fils posthume de saint Canut, roi des Abodrites, y portait la couronne. LeDanemardk, autrefois la patrie et l'asile de ces pirates du nord qui dévastaient les monastères et pillaient les autels, s'était converti au christianisme, et plu sieurs de ces fils d'Odin avaient échangé leur illustration et leur indépendance nationale contre le titre de saint et le vasselage de l'église. Waldémar était un prince faible et sans énergie , et l'on verra tout ce que sa conduite eut de timide lors de l'injuste divorce prononcé contre sa sœur. '

Les rois de France ne se trouvaient pas seulement en rapport avec les princes étran-

i Art de vérifier le» dates , t. m, p. 317, in-4».

PHILIPPE COMTE DE FLANDRE. I l5

gers ; il y avait encore pour eux une politique de tous les instans envers les grands vassaux tle leur couronne. Les domaines du roi étaient pour ainsi dire cernés par de grands fiefs placés sous la dépendance de seigneurs puissans, et chacun de ces vassaux prétendait à toutes les prérogatives de la souveraineté.

Philippe, fils de Thierry d'Alsace et de Sibille d'Anjou , gouvernait le comté de Flandres , l'un des plus grands fiefs de la monarchie et qui comprenait toutes les terres qui portent enôore ce nom aujourd'hui , et, selon quelques chroniques , l'Amienois et le Vermandois. Là Flandres était pleine alors de villes florissantes et de communes libres : telles étaient Arras, Péronne, Hesdin, dévouées à leur seigneur, mais encore plus à la liberté que nourrissait l'esprit de commerce et d'industrie 1 . Philippe avait été le parrain d'épée de son jeune suzerain le roi de France; c'était un vassal actif, et le modèle de ces feronches seigneurs féodaux que les romanciers du moyen âge ont mis en scène» On raconte qu'ayant trouvé dans une tour de son château de Saint-Omer le jeune

i Meir, Annal, de Flandres ad ann. n55, 1190.

I l6 LES COMTES DE CHAMPAGNE.

et beau Gauthier des Fontaines aux genoux de sa femme, il fit pendre le malheureux chevalier par les pieds dans un cloaque infect, et livra son corps aux vautours sur la tou T relie la plus élevée du château 1 .

La maison.de Champagne, la plus puissante après celle des comtes.de Flandres, était alors représentée par Henri I ,r dit le Large (libéral) , un des vieux compagnons de Louis Vil qu'il avait accompagné dans la croisade de n47* La France comptait peu d'aussi vaillans chevaliers ; il avait fait un règlement particulier pour les tournois, qui lui avait attiré l'excommunication de l'église; Henri voulait que l'on combattît toujours à fer aigu et à outrance* U se distinguait par une générosité ^ans bornes, qui lui mérita le surnom de Large. On ne peut se faire une idée de ses prodigalités envers les églises et les vassaux. Il donnait tant, qu'il n'avait plus un denier. Un de ses vassaux s'étant . adressé à lui afin d'obtenir une dot pour sa fille, Henri l'accorda; mais le garde de son trésor, qui était présent, lui

i/Bepoît Petershorough , ad ann. 1175 ; «t Raoul de Dicet, ad ann. 1175.

LES DUCS DE BOURGOGNE. î I J

dit : « Sire comte, je n'ai pas un écu. — Taistoi, vilain 4 tu mens par lp gorge; j'ai encore à donner et te donne : si vaudra le' don, car tu m'appartiens. Sire chevalier, prenez-le (ajoutat-il , s'adressant à son vassal) , et lui faites payer rançon tant qu'il y ait de quoi finer au mariage de votre fille, et ainsi fut fait *. » La maison de Champagne, qui comptait plusieurs princes, frères cadets de Henri , s'était alliée à la maison de France par le dernier mariage de Louis VII avec une princesse de cette famille.

Le duché de Bourgogne était dans les mains de Hugues III , de la race capétienne , et par conséquent parent de Louis VII , qu'il avait accompagné dans la guerre contre le comte Guillaume de Châlons , le persécuteur de l'abbaye de Cluny. Suivant les mœurs du temps , il avait fait un voyage en Palestine et comblé les églises de ses dons; cependant les chroniques nous le représentent comme un enlevewr de damoiselles et un baron de grands chemins. Quand du haut des tourelle*, ses hommes d'armes apercevaient des voyageurs et des marchands, ils en prévenaient leur seigneur, et Hugues,, la lance au

i Chronique de Champagne, ad «ann. n5a-n8i.

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