‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 65 sur 248 · CÉRÉMONIE A ^ABBAYE DE ST. -DENI S · texte numérisé non relu

CÉRÉMONIE A ^ABBAYE DE ST. -DENI S

il présenta ensuite aux deux époux une coupe remplie de vin et trois plats choisis sur la table nuptiale ; «Philippe et Isabelle dormirent ensuite très-gentilment jusqu'au lendemain que les barons vinrent leur faire hommage* »

11 ne ftit point difficile à la jeune Isabelle, diri : géepar son oncle, le comte de Flandres, de prendre bientôt de l'ascendant sur le cœur de son époux. Elle obtint d'être sacrée et couronnée; l'on régla qu'une nouvelle onction imprimerait aux dieux époux le caractère religieux de la puissance souveraine. On voulait d'abord renouveler les pompes du sacre deRheims; mais l'archevêque Guillaume , de la maison de Champagne, s'y refusa, et obtint des bourgeois qu'ils ne permettraient pas l'entrée des hommes du roi dans la ville. Afin de hâter cette consécration tant désirée , Philippe déclara que le couronnement se ferait dans l'abbaye du bienheureux martyr saint Denis. Louis VII venait d'expirer, et le roi pensa peut-être que cette cérémonie, dans l'église du patron de France où les restes de son père étaient déposés , imprimerait un nouvelle force à sa puissance jeune encore.

Le jour de V Ascension 1 180 , ujie foulç im-

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mense s'était rendue à Saint-Denis; Isabelle, montée sur tin dextrier tout blanc, et le roi, sur son cheval de bataille caparaçonné et surmonté de plumes et de banderolles, partirent du Louvre, et , traversant le bois qui séparait Paris de l'abbaye, ils arrivèrent devant le portail , ouvrage de Suger , et qu'on Tenait à peine d'achever. Isabelle était vêtue d'une robe en drap d'or, mi-parti de rouge et parsemé demeraude et de saphir; elle avait sur la tète une coiflure oblongue assez semblable à celle qu'on porte encore au pays de Caux, et un long voile lui descendait jusqu'aux talons. Le roi , revêtu d'un manteau bleu , portait en main une sorte de bâton de commandement, surmonté d'un ornement grossièrement travaillé, que Ton pouvait prendre ou pour une fleur de lis ou pour la pointe d'une pique. L'abbé de Saint-Denis, avec son clergé, vint au-devant des deux époux ; il portait sur son chef la mitre épiscopale, et dans ses mains la crosse qu'Alexandre III Tenait naguère de lui* conférer par une bulle \ Selon les privilèges du monastère, Philippe demanda la permission de

i Drequigny, Collect. des Chartes et Diplômes, T.

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