GOUVERNEMENT DU COMTE DE FLANDRES
la jetant un peu plus haut qu'il ne l'aurait voulu, il atteignit deux lustres qui étaient suspendus sur la tête de Philippe et d'Isabelle, et les brisa en mille pièces \ Les deux époux furent couverts d'huile et de graisse ; cela fut pris àbon ^augure par les religieux et le peuple, car Salomon avait dit dans un de ses cantiques : « il sera oint au jour de son triomphe. » Tous les sa vans ne doutèrent pasque laprophétie nes'appliquât au roi, et que l'huile et la graisse n'exprimassent la prospérité et l'abondance.
Le mariage du jeune roi avec Isabelle avait fait passer toute l'influence dans les mains du comte de Flandres. Tous les actes de la suzeraineté royale, les concessions de fief, la collecte des serviceqQd'argent, les monstres ou revues d'hommes d'armes s'y faisaient sous son autorité. Adèle de Champagne, l'archevêque Guillaume et les comtes, ses frères, voyaient avec jalousie que la puissance royale fot passée dans les mains de leur rival. Us en murmuraient tout haut, et plusieurs barons se prononcèrent pour eux. 11 parait que le comte de Flandre mettait beaucoup de fierté dans sa con-
i Rigord Gest. Philip. Aug. ad ann. 1181.