‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 92 sur 248 · LE COMTE DS MAÇON · texte numérisé non relu

LE COMTE DS MAÇON

que cebâ-cile reconnut comme son cousin et son boa parent , quoique de race bâtarde \

On remarquait aussi Guillaume , comte de Mâcon, grand dévot et faiseur d'oraisons; il était fils «du fameux Gérard, comte deMâcon, le plus grand voleur des églises que oncque ne fut jamais. On disait de Gérard une singulière aventure ; un jour qu'il était entré de force dans l'église de Saint-Philibert de Tournus , et qu'il s'approchait de l'autel , un moine de haute taille sortit du choeur , et prenant le comte par les cheveux, le traîna, leballota, en lui disant : « Comment as-tu été si hardi d'entrer dans mon église? »Le pauvre comte, depuis cette aventure , était devenu la risée de te* hommes d'armes, et son fils s'était jeté dans la plus profonde piété \

Robert, comte de Meulan, s'était fait aussi une grande renommée par ses aventures hardies; il avait, dans sa jeunesse, fait un pèlerinage armé en Sicile, où ses formes hautaines et légères, tout à la fois, lai avaient attiré la haine dé tous leshabitans du pays ; il vivait en

i Prennes de la généalogie dos eomtea de Valentinois , p. 5. a Àcta. Sanct. ordio. S. Benedict par. 3, p. 565.

iS? LES COMTES DU POITOU ET DE BRETAGNE.

paix dans son riche comté, faisant force bien aux monastères ; chaque année son habitude était de leur accorder quelques dons ; et avant de partir pour la cour plénière , annoncée par Philippe- Auguste , il avait concédé aux religieux de Valence la permission d'ouvrir les* vendanges à Mantes ainsi et quand ils le trouveraient convenable \

Les plus remarquables en toute cette chevalerie , dont il est impossible de rapporter tous les noms, étaient Geoflroi, comte de Bretagne , et Richard, comte de Poitou , fils du roi d'Angleterre Henri 11. Ils étaient liés d'une étroite amitié avec Philippe , par haine et par ambition contre leur père , dont ils convoi-' taient les riches héritages. Telle était l'intimité chevaleresque qui unissait le roi de France aux deux héritiers des Plantagenets 9 que chaque jour , selon le chroniqueur Roger de Hoveden , Philippe et Richard mangeaient à la même table et au même plat , et la nuit ils couchaient dans le même lit \

La réunion d'un si brillant baronage , les

i Cartutaire de St. W an drille, 1176. — 2 Roger de Hovedec, anti. 1184.

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