‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 94 sur 248 · REPRÉSENTATIONS DES MYSTÈRES · texte numérisé non relu

REPRÉSENTATIONS DES MYSTÈRES

chemise. « On y voyait un roi de la fève, des tournois d'enfans, un homme sauvage, un loup qui filait; enfin la vie entière de maître renard, d'abord médecin et chirurgien , puis clerc, et chantant uneëpltre et un évangile, puis évêque, archevêque, puis pape, et toujours mangeant poules et poussins x . »

Les ménétriers racontaient dans leurs chansons toutes les histoires et les légendes qui avaient cours dans la contrée. C'étaient tantôt les miracles de l'enchanteur Merlin qui s'était rendu secourable à maints chevaliers, à mantes dames, et même aux vilains * ; tantôt les merveilles des cours plénières du roi Arthus dai\s la cité de Carduel. Une femme s'était présentée montée sur sa mule sans licol et sans frein : le roi Arthus l'interroge ; elle lui déclare en pleurant qu'elle est ainsi condamnée à voyager jusqu'à ce qu'un preux chevalier lui rapporte le licol de sa mule. Le beau Gauvain demande un baiser à la belle et part pour cette périlleuse aventure , seconfiantà son

1 Chroniq. M S S, a la suite du roman de Fauv. MSS. du roi, 861a.

3 Leçr and -d'Aussi. T. 1 , fabliaux de la Table-Ronde.

l88 COUTES ET FÉRIÉS.

courage pour la mettre à fin. H rencontre sur sa route des lions, des serpens, des murs d'airain et des géants ; enfin après avoir surmonté tous les obstacles, il rapporte le licol, et obtient pour récompense le joli don d'amour et la fleur de la demoiselle. Artbus lui oflre maint château ,* mais Gauvain les refuse \

Lors l'en a Gainrain remercié :

Sire , dit-il , bien suÎ9 payé, Et de la pucelle seulement.

Ils racontaient encore comment Lancelot du Lac, éloigné de la belle reine Genèvre sa mie , avait délivré des chevaliers , secouru des dames, exterminé des brigands , aboli de mauvaises coutumes; comment le grand Àristote , amoureux d'une jeune bergère, s'était laissé séduire.

Dans un verger, sur l'herbe tte nouvelle , Gar amor tôt et tôt vaincra , Tant corne li inonde durera \

Le pauvre clergé n'était point épargné dans ces chansons des ménétriers. Comme ils avaient

i fabliau de 'la Mule sans licol, Legrand-d' Aussi. T. i, p. i5. a Le Lay d'Aristote se trouve en entier dans la bibliothèque amusante et instructive. T. ir, p. i5.

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