LE CONCILE DU VATICAN
État de l'Europe. — Appel de Pie IXauxschismatiquesd'Orient. - Aux protestants. — Mgr Maretet MgrDupanloup. -- Janus.
— Quod inopportunum dixerunt necessarium fecerunt. — Ouverture du Concile. — Discours de Pie IX. — Lestrois périodes dans un Concile. — Oppositions des puissances à l'infaillibilité.
— Mensonges, calomnies, indiscrétions. — La liberté du Concile. — Rôle de la presse catholique apprécié par Pie IX.
— « In unum ! ». — Troisième session du Concile. — Constitution de fide catholica. — Discours aux cardinaux. — Définition de l'infaillibilité pontificale. — Scènes émouvantes de l'enceinte conciliaire. — Exposition des Beaux-Arts. — « L'Église n'a pas besoin d'avoir un 89. » — Clôture de l'exposition. — Natale di Roma. — Pie IX et les Juifs. — S. Joseph patron de l'Église. — Colonne du Concile.
~&I les peuples catholiques venaient de donner au saint père des témoignages de leur dévouement, les gouvernements de l'Europe, sourds aux avertissements du pontife, con- ■i^^mmmm tinuaient ou à persécuter l'Église ou à marcher dans une voie qui les éloignait de la vérité et de la justice. L'Espagne, au pouvoir de la Révolution, profanait les Eglises et persécutait le clergé ; l'Autriche déchirait le concordat ; la Suisse,
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ce pays de la liberté, devenait de plus en plus intolérante pour les catholiques ; la Russie continuait à opprimer l'infortunée Pologne et répandait le sang de nouveaux martyrs ; le gouvernement de Florence promulguait sa loi militaire dirigée surtout contre les vocations religieuses et ecclésiastiques ; la Bavière accueillait avec empressement les doctrines dangereuses et schismatiques de Dcellinger ; la France, en attendant l'heure où son gouvernement voudrait peser sur les décisions du Concile par le mémorandum du ministre Darau, voyait revivre sous la plume de quelques prélats en renom les doctrines gallicanes, en même temps que l'empire marchait à grands pas vers le régime constitutionnel : telle était la situation de l'Europe à la veille même du Concile.
Pie IX, calme et confiant, faisait l'œuvre de Dieu. « Vous venez revoir le vieillard du Vatican, disait-il à un personnage qui se présentait devant lui ; vous le trouvez dans son coin, d'où il regarde crouler le monde. »
Mais Pie IX a fait un signe, et il va rassembler autour de lui « dans son coin », les ouvriers qui reconstruiront le monde, a écrit M. Louis Veuillot.
Nous avons dit comment le pape avait été amené à convoquer l'épiscopat. Il n'avait point invité les princes catholiques à assister ou à se faire représenter à cette solennelle réunion de l'Eglise entière : cette abstention n'était que trop justifiée par l'état même de l'Europe, où l'on eût vainement cherché un prince sincèrement et entièrement catholique. Mais préoccupé du salut
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des âmes, il tourna ses regards vers les peuples schismatiques et, à l'occasion du Concile, il les invita à rentrer dans le sein de leur mère.
« Nous vous conjurons et supplions, écrivit-il aux évêques d'Orient, avec toute l'ardeur que nous pouvons y mettre, de vous rendre à l'assemblée générale des évêques d'Occident et de tout l'univers, comme vos pères se rendirent au deuxième Concile de Lyon et à celui de Florence, afin que renouvelant les lois de l'ancienne charité, et remettant en vigueur la paix des premiers âges, nous voyions enfin, après une longue période de division, se lever l'aurore brillante et pure de cette union qui est dans nos vœux. >
Le patriarche grec de Constantinople ayant refusé de recevoir la lettre pontificale, aucun des évêques schismatiques n'osa se présenter au Concile.
Aux protestants et aux hérétiques, chez lesquels le caractère épiscopal ne s'est pas perpétué avec la même certitude que chez les schismatiques d'Orient, Pie IX ne pouvait adresser cette invitation; mais il les pressa « de profiter de l'opportunité qui leur était offerte par le Concile, dans lequel l'Église catholique, à laquelle appartenaient leurs ancêtres, donnerait une nouvelle preuve de son étroite unité et de son invincible vitalité (*) ».
L'époque fixée pour la réunion du Concile approchait. Un événement aussi considérable ne pouvait passer inaperçu : écrivains et journalistes, impies et catholiques, tous en parlèrent. Les brochures et les