Lettre du 13 septembre 1869 à Mgr Manning
articles se succédaient avecune ardeur incroyable. Nous n'avons point à nous occuper ici de ces publications ; mais nous avons dû constater ce fait comme une preuve du mouvement qui se faisait dans les esprits. Toutefois nous devons signaler deux travaux dont l'apparition en France fit grande sensation. L'un d'eux plus volumineux et plus théologique fut l'œuvre de Mgr Maret, évêque in partibus de Sura (I). A la porte du Concile, le docte prélat venait défendre le gallicanisme expirant et provoquait en quelque sorte les foudres mêmes de la vénérable assemblée sur une erreur abandonnée depuis longtemps par le clergé français.
L'autre fut une lettre pastorale de M?1' l'évêque d'Orléans à son clergé qui eut un immense et regrettable retentissement. La notoriété du prélat, son influence considérable sur la société française, donnèrent à ses Observations une autorité qui contribua à égarer les meilleurs esprits et à susciter des doutes auxquels personne ne songeait.
De son côté, l'Allemagne faisait paraître le Pape et le Concile de faims, nom de guerre sous lequel s'était vainement caché le véritable auteur. Ces différents ouvrages furent savamment réfutés par les théologiens. Les évêques de Westminster, de Malines, Dom Guéranger et d'autres défendirent la vraie doctrine de l'Eglise. Du reste, ces travaux des opposants à l'infaillibilité, et ceux qui devaient suivre, produisirent et devaient produire un effet contraire à celui désiré par leurs auteurs. La question de l'infaillibilité jetée ainsi