‹ Histoire de Pie IX le Grand et de son pontificatChapitre 28 sur 81 · Le 16 janvier · texte numérisé non relu

Le 16 janvier

3. Pie IX ne pouvait, en effet, subjr l'humiliation de recevoir l'aumône

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On conçoit les plaintes douloureuses qui sechappent quelquefois des lèvres du Vicaire de Jésus-Christ, en présence de tant d'outrages. Ces plaintes, du reste, n'ont d'autre but que de faire connaître au monde sa situation réelle. Ses ennemis emploient le mensonge avec tant d'habileté ; ils ont fait des lois si perfides qu'il est devenu nécessaire d'élever la voix, afin que le monde, que les gouvernements sachent toute la vérité. Et comme ces mensonges se répètent sans cesse, les protestations de la victime se renouvellent chaque jour :

« Il y a une chose qu'il m'importe beaucoup de faire connaître, et que je vous prie de répéter partout et toujours. C'est que la prétendue liberté dont on veut que jouisse le pape est un pur mensonge. Je ne parle pas ici du pouvoir temporel : Dieu en fera ce qu'il voudra. Mais, lorsque les envahisseurs sont venus à Rome, ils ont promis de ne rien changer, de ne toucher en rien aux ordres religieux, soutiens indispensables du pouvoir temporel. Or, ces hommes-là ont tout changé, tout détruit. Ils ont chassé les religieux, exproprié les maisons-mères, violé les couvents dont ils se sont emparés. Comment me serait-il jamais possible de gouverner l'Église, sans l'appui des ordres religieux, descon-

de ses ennemis. En 1877, à l'époque de son jubilé pontifical, les dames allemandes lui avaient envoyé des caisses pleines d'ornements sacrés. A la douane, on demanda quatre mille francs pour les droits d'entrée, bien qu'elles portassent l'adresse du destinataire, Pie IX. Après de longs débats, la députation allemande s'adressa à l'administration supérieure qui reconnut le droit du pape à recevoir gratuitement les objets à son adresse ; mais elle déclara en même temps que les colis ne pourraient êtres livrés gratuitement que sur une supplique en bonne et due forme faite par le saint père. La chose ayant été rapportée au cardinal Antonelli, Son Eminence déclara qu'il fallait renvoyer les caisses, et la députation allemande se vit obligée de payer la somme demandée.

grégations et des secours que j'en reçois ? Ils ont fait de moi un corps sans bras.

« Il importe donc de dire bien haut que la liberté du pape n'est pas autre chose qu'un mensonge, et que le gouvernement de l'Eglise lui a été rendu impossible. Ils disent que je crée .des cardinaux. Mais je crée des cardinaux comme je nomme des évêques, entre quatre murs. Ma condition est telle, que si je suivais les usages traditionnels, si les cardinaux venaient recevoir le chapeau, selon l'ancienne coutume, en voiture, avec chevaux et valets de pied, et voitures, et valets de pied, et cardinaux seraient maltraités, insultés, outragés (*).

« Je veux vous dire que tous les maux horribles qui pèsent sur Rome y sont entrés depuis le jour fatal du 20 septembre, et je les ai déjà énumérés dans d'autres circonstances. Non pas que je veuille dire que Rome fût un Eden avant le 20 septembre. Même avant le 20 septembre, il y avait aussi des pécheurs à Rome, on y commettait aussi des fautes ; mais on pouvait tranquillement parcourir les rues, on pouvait paisiblement y tenir un concile, et des centaines d'évêques pouvaient convenablement y séjourner, se réunir et se montrer dans les rues, non seulement sans être insultés, mais recevant même des marques d'honneur et de respect. Rome n'était point un Eden, mais on n'y aurait jamais pensé à profaner publiquement le saint nom de Dieu, ce nom devant lequel tout genou fléchit, dans le ciel, sur la terre et dans les enfers. Rome n'était pas un Eden, mais on n'y aurait jamais pensé à

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