A ladéputation belge, 25 décembre
plus que l'apostat n'encourt la réprobation de Dieu (!).
« Non, mes enfants, je m'attends à ne rien obtenir des gouvernements. Le secours me vient uniquement d'en haut, et mon cœur se briserait, s'il n'était pas soutenu par l'amour des peuples et par les prières des fidèles, sans lesquelles mes bras se fatigueraient et tomberaient de faiblesse.
« Mais voyez l'effet de ces prières. Le pape est toujours pauvre, et, toutefois, grâce à la charité des fidèles, il ne manque de rien ; et je puis dire, moi aussi : Esunentes implevit bonis, tandis que ceux qui m'ont tout enlevé, qui confisquent les propriétés ecclésiastiques, dépouillent les communautés religieuses, accaparent les biens de l'Eglise, tous ceux-là ont leurs caisses vides : ils n'y trouveraient même pas une pièce d'argent, tellement qu'ils sont obligés de fabriquer de la monnaie de papier pour subvenir à leurs plus petites dépenses : Divites dimisit inanes (2). »
Pie IX rappelle souvent le dévouement et les prières des fidèles : cette douce pensée le console et le fortifie. Oui aurait pu jamais croire que l'on pût profiter de ses paroles pour l'accuser de soulever les peuples contre leurs souverains ?
« Il y a certains individus qui détournent le sens 'de nos paroles, ut capiant in sermone..., ils m'ont taxé de murmurer. Ils m'ont dit que, dans mes discours, je murmure contre les peuples et contre les nations. J'ai répondu : Si vous avez bien compris : contre les peu-
i. Aux élèves des collèges étrangers, le i$ décembre 187 1. 2. A une députation belge, etc.
Œerimm ©et non est alligatum. 187
pies et les nations, non ; contre les souverains, oui. Et si malheureusement il n'y a pas à murmurer à cause de tout ce qui se fait et de tout ce qui se permet, vous le voyez bien !
« Du reste, remercions Dieu de ce réveil qu'il a suscité chez tous les peuples catholiques. Nous voyons, en effet, que, de toutes parts, on ne cesse de mettre activement la main à l'œuvre : ici l'on écrit, là on travaille en faveur de l'Église de Jésus-Christ ; mais ce qu'il y a de plus admirable, c'est la générosité avec laquelle on vient au secours de la pauvreté et de la misère où nous avons été réduit par les spoliations des biens de l'Église (I).
« Je crois que notre condition est telle, ajoutait-il, qu'elle pourrait être comparée à l'eau qui jaillit en proportion de la pression qu'elle reçoit. Ainsi en est-il de l'Église de Jésus-Christ: plus elle est opprimée par les persécutions, plus elle s'élève vers Dieu ; et les contrariétés, au lieu de l'abattre, ne font que mieux ressortir toute la grandeur de sa vitalité (2). »
Le monde a sous les yeux la réalisation de ces paroles de Pie IX : les événements, en effet, ont fait ressortir d'une façon plus solennelle et plus évidente la puissance du saint siège et la grandeur de l'Église.
« L'Église, il est vrai, est militante, disait-il encore, elle doit combattre, et elle combattra ; c'est même dans un sens bien plus juste que je puis répéter ces paroles