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PIUS PP. IX

Venerabiles Fratres, Salutem et Apostolicam Benedictionem.

UANTAcura ac pastorali vigilantia Romani Pontifices Praedecessores Nostri, exsequentes demandatum sibi ab ipso Christo Domino, in persona Beatissimi Pétri Apostolorum Principis officium, munusque pascendi agnos et oves, nunquam intermiserint universum Dominicum gregem sedulo enutrire verbis fidei, ac salutari doctrina imbuere, eumque ab venenatis pascuis arcere, omnibus quidem ac Vobis praesertim compertum exploratumque est, Venerabiles Fratres.

Et sane iidem Decessores Nostri augustse catholicae religionis, veritatis ac justitiae assertores et vindices, de animarum salute maxime solliciti nihil potius unquam habuere, quam sapientissimis suis Litteris, et Constitutionibus detegere et damnare omnes hœreses et errores, qui Divinae Fidei nostrae, catholicae Ecclesiae doctrinae, morum honestati, ac scmpiternae hominum saluti adversi, graves fréquenter excitarunt tempestates, et christianam civilemque rempublicam miserandum in modum funestarunt. Quocirca iidem Decessores Nostri Apostolica fortitudine continenter obstiterunt nefariis iniquorum hominum molitionibus, qui despumantes, tamquam fluctus feri maris, confusiones suas, ac libertatem

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triîj Décembre mûccclrtti. Uettre ecncgclique

De Dotre Très Saint Bère ie fiape Bie IX.

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A tous nos vénérables Frères les Patriarches, les Primats', les Archevêques et Evêques en grâce et communion avec le Siège Apostolique

PIE IX, Pape.

Vénérables Frères, Salut et Bénédiction Apostolique.

OUS savent, et vous mieux que personne, Vénérables Frères, avec quelle sollicitude et quelle vigilance pastorale les Pontifes Romains, Nos Prédécesseurs, ont rempli la charge et le devoir qui leur a été confié par JÉSUS-CHRIST lui-même dans la personne du Bienheureux Pierre, Prince des Apôtres, de paître les agneaux et les brebis; jamais ils n'ont cessé de nourrir fidèlement des paroles de la foi et de la doctrine du salut tout le troupeau du Seigneur et de le détourner des pâturages empoisonnés. Et en effet, Nos mêmes Prédécesseurs, gardiens et vengeurs de l'auguste religion catholique, de la vérité et de la justice, pleins de sollicitude pour le salut des âmes, n'ont jamais rien eu plus à cœur que de découvrir et de condamner, par leurs Lettres et leurs Constitutions les plus sages, toutes les hérésies et toutes les erreurs, qui, contraires à notre foi divine, à la doctrine de l'Église catholique, à l'honnêteté des mœurs et au salut éternel des hommes, excitèrent souvent de violentes tempêtes, et appelèrent sur la société religieuse et la société civile de déplorables calamités. C'est pourquoi ils s'opposèrent continuellement avec une vigueur toute apostolique aux coupables machinations

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promittentes, cum servi sint corruptionis, fallacibus suis opinionibus et perniciosissimis scriptis catholicae religionis civilisque societatis fundamenta convellere, omnemque virtutem ac justitiam de medio tollere, omniumque animos mentesque depravare, et incautos imperitamque praesertim juventutem a recta morum disciplina avertere, eamque miserabiliter corrumpere, in erroris laqueos inducere, ac tandem ab Ecclesiae catholicae sinu avellere conati sunt.

Jam vero, uti Vobis, Venerabiles Fratres, apprime notum est, Nos vixdum arcano divinae Providentiae consilio nullis certe Nostris meritis ad hanc Pétri Cathedram evecti fuimus, cum videremus summo animi Nostri dolore horribilem sane procellam tôt pravis opinionibus excitatam, et gravissima, ac nunquam satis lugenda damna, quae in christianum populum ex tôt erroribus redundant, pro Apostolici Nostri Ministerii officio illustria Praedecessorum Nostrorum vestigia sectantes, Nostram extulimus vocem, ac pluribus in vulgus editis Encyclicis Epistolis et Allocutionibus in Consistorio habitis, aliisque Apostolicis Litteris praecipuos tristissimae nostrae aetatis errores damnavimus, eximiamque Vestram episcopalem vigilantiam excitavimus et universos catholicae Ecclesiae Nobis carissimos filios etiam monuimus et exhortati sumus, ut tam dirae contagia pestis omnino horrerent et devitarent. Ac praesertim Nostra prima Encyclica Epistola, die 9 novembris anno 1846 Vobis scripta, binisque Allocutionibus, quarum altéra die 9 decembris anno 1854, altéra vero 9 junii anno 1862 in Consistorio a Nobis habita fuit, monstruosa opinionum portenta damnavimus, quae hac potissimum aetate cum maximo animarum damno, et civilis ipsius societatis detrimento dominantur, quaeque non solum catholicae Ecclesiae, ejusque salutari doctrinae ac venerandis juribus, verum etiam sempiternae naturali legi a Deo in omnium cordibus insculptae, rectaeque rationi maxime adversantur, et ex quibus alii prope omnes originem habent errores,

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des méchants. Jetant, comme les flots de la mer, l'écume de leurs hontes, ces hommes iniques promettent la liberté, bien qu'ils soient esclaves de la corruption ; et ils ont fait tous leurs efTorts,par de fausses maximes et de très pernicieux écrits,pour arracher les fondements de la religion catholique et de l'ordre social, pour faire disparaître de ce monde toute vertu, toute justice, pour dépraver les âmes et les esprits, pour soustraire à la règle des mœurs les imprudents et surtout la jeunesse inexpérimentée, pour la corrompre misérablement, pour l'attirer dans les filets de l'erreur et enfin pour l'arracher du sein de l'Église catholique.

Or, comme vous le savez très bien, Vénérables Frères, à peine un secret conseil de la divine Providence Nous eut-il élevé, sans aucun mérite de Notre part, sur la Chaire de Pierre, que Nous vîmes, à notre excessive douleur, l'horrible tempête soulevée par tant de doctrines perverses, ainsi que les maux immenses et souverainement déplorables attirés sur le peuple chrétien par tant d'erreurs. Alors, selon le devoir de Notre Ministère Apostolique, et suivant en cela les illustres exemples de Nos Prédécesseurs, Nous avons élevé la voix. Dans plusieurs Encycliques et Allocutions prononcées en Consistoire, et dans d'autres Lettres apostoliques, Nous avons condamné les principales erreurs de notre si triste époque. Nous avons en même temps excité votre admirable vigilance épiscopale. Nous avons averti et exhorté tous les enfants de l'Église catholique, Nos fils bien-aimés, d'avoir en horreur cette peste funeste et d'en éviter la contagion. Et en particulier dans Notre première Encyclique du 9 novembre 1846, à Vous adressée, et dans deux Allocutions, dont l'une du 9 décembre 1854 et l'autre du 9 juin 1862, prononcées en Consistoire, Nous avons condamné les monstrueuses erreurs qui dominent surtout aujourd'hui, au grand malheur des âmes et au détriment de la société civile elle-même. Ces erreurs d'où découlent presque toutes les autres, sont opposées non seulement à l'Eglise catholique, à ses salutaires doctrines et à ses droits sacrés, mais encore à l'éternelle loi naturelle, gravée par Dieu même dans tous les cœurs, autant qu'à la droite raison.

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Etsi autem haud omiserimus potissimos hujusmodi errores sa:pe proscribere et reprobare, tamen catholicas Ecclesias causa, animarumque salus Nobis divinitus commissa, atque ipsius humanae societatis bonum omnino postulant, ut iterum pastoralem vestram sollicitudinem excitemus ad alias pravas profligandas opiniones, quse ex eisdem erroribus, veluti ex fontibus erumpunt. Quae falsse ac perversae opiniones eo magis detestandse sunt, quod eo potissimum spectant, ut impediatur et amoveatur salutaris illa vis, quam catholica Ecclesia, ex divini sui Auctoris institutione et mandato, libère exercere débet, usque ad consummationem saeculi, non minus erga singulos homines, quam erga nationes, populos summosqueeorum Principes; utque de medio tollatur mutua illa inter Sacerdotium et Imperium consiliorum societas et concordia, quaerei cum sacrse tum civili, fausta semper extitit ac salutaris (x). Etenim probe noscitis, Venerabiles Fratres, hoc tempore non paucos reperiri qui, civili consortio impium absurdumque Nahiralismi^ uti vocant, principium applicantes, audent docere: « optimam societatis publicse rationem, civilemque progressum omnino requirere, ut humana societas constituatur et gubernetur, nullo habito ad religionem respectu, ac si ea non existeret, vel saltem nullo facto veram inter falsasque religiones discrimine. » Atque contra sacrarum Litterarum, Ecclesiae, sanctorumque Patrum doctrinam, asserere non dubitant, € optimam esse conditionem societatis, in qua Imperio non agnoscitur officium coercendi sancitis pœnis violatores catholicae religionis, nisi quatenus pax publica postulet. » Ex qua omnino falsa socialis regiminis idea haud timent erroneam illam fovere opinionem catholicae Ecclesiae, animarumque saluti maxime exitialem a rec. mem. Gregorio XVI Praedecessore Nostro deliramcntum appellatam (2), nimirum « libertatem conscientiae et cultuum esse proprium cujuscumque hominis jus, quod lege proclamari, et asseri débet in omni recte constituta societate ; et jus civibus inesse ad omnimodam libertatem nulla vel ecclesiastica, vel civili auctoritate coarctandam, quo suos con-

1. Gregor. XVI, Epist. encycl. Mirari, 15 aug. 1832. — 2. Eadem Encycl.

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Quoique Nous n'ayons pas négligé de proscrire souvent et de réprouver ces erreurs, cependant la cause de l'Eglise catholique et le salut des âmes, divinement confié à Nos soins, le bien même de la société humaine demande impérieusement que nous excitions de nouveau Votre sollicitude pour que vous combattiez d'autres opinions sorties de ces erreurs comme de leur source. Ces opinions fausses et perverses, il les faut d'autant plus détester que leur but principal est d'empêcher et d'écarter cette force salutaire dont l'Église catholique, en vertu de l'institution et de l'ordre de son divin Fondateur, doit faire usage jusqu'à la consommation des siècles, non moins à l'égard des particuliers qu'à l'égard des nations, des peuples et de leurs souverains, et de détruire l'union et la concorde mutuelle du sacerdoce et de l'empire, union toujours si salutaire à l'Église et à l'État ('). Il vous est en effet parfaitement connu, Vénérables Frères, qu'on rencontre aujourd'hui beaucoup d'hommes qui appliquent à la société civile le principe absurde autant qu'impie du Naturalisme, comme ils l'appellent. Ils osent enseigner que « la perfection des gouvernements et le progrès civil de- » mandent impérieusement que la société humaine soit » constituée et gouvernée sans tenir de la religion plus de » compte que si elle n'existait pas, ou du moins sans faire » aucune différence entre la vraie religion et les fausses. » De plus, contrairement à la doctrine de l'Écriture, de l'Église et des saints Pères, ils ne craignent pas d'affirmer « que le » meilleur gouvernement est celui où l'on ne reconnaît pas » au pouvoir l'obligation de réprimer, par la sanction des » peines, les violateurs de la religion catholique, si ce n'est » lorsque la tranquillité publique le demande. » De cette idée si absolument fausse du gouvernement social, ils tirent et favorisent une opinion fatale à l'Église catholique et au salut des âmes, opinion que Notre Prédécesseur GrégoireXVI appelait un délire (I), à savoir que « la liberté de conscience » et des cultes est un droit propre à chaque homme, et qui » doit être proclamé et affirmé dans tout état bien constitué;

i. Grégoire XVI, Encyclique, Mirari vos, 15 août 1832. — 2. Même Encyclique.

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ceptus quoscumque, sive voce, sive typis, sive alia ratione palam publiceque manifestare, ac declarare valeant. »

Dum vero id temere affirmant, haud cogitant et considérant, quod « libertatem perditionis » (1), praedicant, et quod « si humanis persuasionibus semper disceptare sit liberum, » nunquam déesse poterunt, qui veritati audeant reluctare, » et de humanae sapientiae loquacitate confidere, cum hanc » nocentissimam vanitatem quantum debeat fides et sapientia » christiana vitare, ex ipsa Domini nostri Jesu-Christi » institutione cognoscat (2). »

Et quoniam, ubi a civili societate fuit amota religio ac repudiata divinae revelationis doctrina et auctoritas, vel ipsa germana justitiae humanique juris notio tenebris obscuratur et amittitur, atque in verse justitiae legitimique juris locum materialis substituitur vis, inde liquet cur nonnulli, certissimis sanae rationis principes penitus neglectis posthabitisque, audeant conclamare : « voluntatem populi, publica, quam dicunt, opinione vel alia ratione manifestatam, constituere supremam legem ab omni divino humanoque jure solutam ; et in ordine politico facta consummata eo ipso quod consummata sunt, vim juris habere. » Verum ecquis non videt planeque sentit, hominum societatem religionis ac verae justitiae vinculis solutam nullum aliud profecto propositum habere posse, nisi scopum comparandi cumulandique opes nullamque aliam in suis actionibus legem sequi, nisi indomitam animi cupiditatem inserviendi propriis voluptatibus et commodis? Ea propter hujusmodi homines acerbo sane odio insectantur Religiosas Familias quamvis de re christiana, civili, ac litteraria summopere méritas, et blaterant : <L easdem nullam habere legitimam existendi rationem » atque ita hereticorum commentis plaudunt.

1. S. Aug. Epist. 105 al. 166. — 2. S. Léo. Epist. 159 al. 133 § 2 edit. Bail.

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» et que les citoyens ont droit à la pleine liberté de mani- » fester hautement et publiquement leurs opinions, quelles » qu'elles soient, par la parole, par la presse ou autrement, » sans qu'aucune autorité ecclésiastique ou civile puisse la » limiter. >>

Or, en affirmant si témérairement ces opinions, ils ne considèrent pas qu'ils prêchent « une liberté de perdition (2) » et que, « s'il est toujours permis aux opinions humaines » d'entrer en conflit, il ne manquera jamais d'hommes qui » oseront résister à la vérité et mettre leur confiance dans » le verbiage de la sagesse humaine. Ce genre de vanité si » nuisible, la foi et la sagesse chrétiennes selon l'enseigne- » ment de Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST lui-même doivent » soigneusement l'éviter (2). »

D'ailleurs là où la religion est bannie de la société civile, où la doctrine et l'autorité de la révélation divine sont rejetées, la véritable notion de la justice et du droit humain s'obscurcit et se perd, et la force matérielle prend la place de la justice et du droit légitime. Aussi l'on voit clairement pourquoi certains hommes, ne tenant aucun compte des principes les plus assurés de la raison, osent publier que « la volonté du peuple, manifestée par ce qu'ils appellent » l'opinion publique ou par toute autre voie, constitue la loi » suprême, indépendante de tout droit divin et humain, et » que dans l'ordre politique, les faits, par cela même qu'ils » sont accomplis, ont la valeur du droit.» Mais qui donc ne voit, qui ne sent à merveille qu'une société soustraite aux lois de la religion et de la justice véritable, ne peut avoir d'autre but que d'amasser, d'accumuler des richesses, et d'autre loi, dans tous ses actes, que l'indomptable désir de satisfaire ses passions et de se procurer des jouissances ? C'est pourquoi de tels hommes poursuivent de toute leur haine les ordres religieux, sans tenir compte des immenses services rendus par eux à la religion, à la société et aux lettres. Ils déblatèrent contre eux en disant qu'ils n'ont aucune raison légitime d'exister et ils font ainsi écho aux calomnies des hérétiques.

1 . Lettre de saint Augustin 105, alinéa 166.— 2. Lettre de saint Léon 164, al. 133, § 2.

appenDtce,

Nam ut sapientissime rec. mem. Pius VI Decessor Noster docebat : «regularium abolitio laedit statum publicae profes- » sionis consiliorum evangelicorum, laedit vivendi rationem » in Ecclesia commendatam tamquam Apostolicae doctrine » consentaneam, laedit ipsos insignes fundatores, quos super » altaribus veneramur, qui non nisi a Deo inspirati eas con- » stituerunt societates (I). » Atque etiam impie pronunciant, « auferendam esse civibus et Ecclesiae facultatem qua eleemosynas christianae caritatis causa palam erogare valeant, » ac de medio tollendam legem « qua certis aliquibus diebus opéra servilia propter Dei cultum prohibentur>> fallacissime praetexentes « commemoratam facultatem et legem optimae publicae ceconomiae principiis obsistere. » Neque contenti amovere religionem a publica societate, volunt religionem ipsam a privatis etiam arcere familiis.

Etenim funestissimum Communismi et Socialismi docentes ac profitentes errorem, asserunt « societatem domesticam seu familiam totam suae existentiae rationem a jure dumtaxat civili mutuari; proindeque ex lege tantum civili dimanare ac pendere jura omnia parentum in filios, cum primis vero jus institutionis, educationisque curandae. » Quibus impiis opinionibus, machinationibusque in id praecipue intendunt fallacissimi isti homines, ut salutifera catholicae Ecclesiae doctrina ac vis a juventutis institutione et educatione prorsus elimenetur, ac teneri rlexibilesque juvenum animi perniciosis quibuscumque erroribus vitiisque misère inficiantur acdepraventur.

Siquidem omnes, qui rem tum sacram, tum publicam perturbare, ac rectum societatis ordinem evertere, et jura omnia divina et humana delere :>unt conati, omnia nefaria sua consilia, studia et opéra in improvidam praesertim juventutem decipiendam ac depravandam, ut supra innuimus, semper contulerunt, omnemque spem in ipsius juventutis corruptela collocarunt. Quocirca nunquam cessant utrumque clerum,

i. Epist. ad Card. de la Rochefoucault, 10 martii 1791.

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En effet, comme l'enseignait très sagement Pie VI, Notre Prédécesseur, d'heureuse mémoire, « l'abolition des ordres » religieux blesse l'état de ceux qui font profession publique » de suivre les conseils évangéliques ; elle blesse un état de » vie recommandé par l'Église comme conforme à la doc- » trine apostolique, elle en blesse les illustres fondateurs que » nous vénérons sur nos autels, et qui n'ont établi ces socié- » tés que sous l'inspiration de Dieu (I). » Dans leur impiété ils proclament même «que l'on doit enlever aux citoyens et » à l'Église la faculté de donner publiquement l'aumône, et » abolir la loi par laquelle, à certains jours fériés, les œuvres » serviles sont interdites pour qu'on puisse vaquer au service » de Dieu. » Le faux prétexte qu'ils mettent en avant, c'est que cette faculté et cette loi sont en opposition avec les principes de la véritable économie politique. Peu contents de bannir la religion de la société, ils la veulent exclure aussi des familles.

Dans la profession qu'ils font du Communisme et du Socialisme^ ils affirment que « la société domestique ou la famille » emprunte du seul droit civil toute sa raison d'être ; et que, » partant, de la loi civile seule découlent et relèvent tous les » droits des parents sur les enfants, notamment le droit » d'instruction et d'éducation. » Hommes de mensonge, ils n'ont, dans toutes leurs affirmations et machinations impies, qu'un seul but, de soustraire absolument à la doctrine et à l'influence salutaire de l'Église catholique l'instruction et l'éducation de la jeunesse, et de souiller et de dépraver par toutes les espèces d'erreurs et de vices pernicieux, les âmes si tendres et si flexibles des jeunes gens. Et de fait, tous ceux qui ont entrepris de bouleverser la religion et la société, de renverser l'ordre social et d'anéantir toutes les lois divines et humaines, ont toujours dirigé leurs conseils, leur activité et leurs efforts à tromper et à dépraver la jeunesse, ainsi que nous l'avons insinué plus haut, et ils ont mis tout leur espoir dans la corruption de cette jeunesse. Aussi ne cessent-ils jamais de poursuivre de leurs persécutions les plus

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