Lettre au cardinal de La Rochefoucault, 10 mars
appendice.
ex quo, velutî ccrtissima historiae monumenta splendide testantur, tôt magna in christianam, civilem, et litterariam rempublicam commoda redundarunt, quibuscumque infandis modis divexare, et edicere, ipsum Clerum « utpote vero utilique scientiae et civilitatis progressui inimicum, ab omni juventutis instituendae educandaequecura et officio esse amovendum. »
At vero alii instaurantes prava ac toties damnata novatorum commenta, insigni impudentîa audent Ecclesiae et hujus Apostolicae Sedis supremam auctoritatem a Christo Domino ci tributam civilis auctoritatis arbitrio subjiccre ; et omnia cjusdem Ecclesiae et Sedis jura denegare circa ea quae ad exteriorem ordinem pertinent. Namque ipsos minime pudet affirmare i Ecclesiae leges non obligare in conscientia, nisi cum promulgantur a civili potestate ; acta et décréta Romanorum Pontificum ad religionem et Ecclesiam spectantia indigere sanctione et approbatione, vel minimum, assensu potestatis civilis ; constitutiones Apostolicas (*), quibus damnantur clandestine societates, sive in eis exigatur, sive non exigatur juramentum de secreto servando, earumque asseclae et fautores anathemate mulctantur, nullam habere vim in illis orbis regionibus ubi hujusmodi aggregationes tolerantur a civili gubernio ; excommunicationem a Concilio Tridentino et Romanis Pontificibus latam in eos, qui jura possessionesque Ecclesiae invadunt et usurpant, niti confusione ordinis spiritualis, ordinisque civilis ac politici, ad mundanum dumtaxat bonum prosequendum ; Ecclesiam nihil debere decernere, quod obstringere possit fidelium conscientias in ordine ad usum rerum temporalium ; Ecclesiae jus non competere violatores legum suarum pœnis temporalibus coercendi; conforme esse sacrae theologiae, jurisque publici principiis, bonorum proprietatem quae ab Ecclesiis, a Familiis religiosis, aliisque locis piis possidentur, civili gubernio asserere et vindicare. » Neque erusbescunt palam publieeque profiteri haereticorum erTatum et principium, ex quo tôt perversae
T. Clément XII. 4L In eminenti. » Benediot. XIV. « Providas Romanorum. » Pie Vil. « Ecclesiam. » Leonis XII. <i Quo graviora. »
appentrice.
acharnées le clergé séculier et régulier, malgré les services qu'il a rendus à la religion, à la société et aux lettres, comme le prouvent d'incontestables monuments historiques ; et ils proclament que « le clergé, parce qu'il est ennemi du vrai, du » positif progrès de la science et de la civilisation, ne doit » plus avoir aucune part à l'instruction et à l'éducation de » nos jeunes générations. »
On en rencontre d'autres qui ressuscitent les erreurs funestes et vingt fois condamnées des novateurs. Ils poussent l'impudence jusqu'à dire que l'autorité suprême donnée par Notre-Seigneur JéSUS-Christ à l'Église et à ce siège apostolique est soumise à l'autorité civile, ils nient tous les droits de cette même Église et de ce même Siège à l'égard de l'ordre extérieur. Ils ne rougissent donc pas d'affirmer que « les lois de l'Église n'obligent pas en conscience, à moins » que le pouvoir civil ne les promulgue ; et que les actes et » décrets des Pontifes Romains relatifs à la religion et à » l'Église ont besoin de la sanction, de l'approbation, ou » tout au moins de l'assentiment du pouvoir civil ; ils ajou- » tent que les constitutions apostoliques (*) qui condamnent » les sociétés secrètes, tenues par serment au secret ou non, et » qui frappent d'anathèmes leurs adeptes et leurs fauteurs, ne » peuvent et ne doivent avoir aucune force dans les pays où le » gouvernement tolère ces sociétés. A les entendre, l'excom- » munication fulminée par le concile de Trente et par les » Pontifes Romains contre les envahisseurs et les usurpateurs » des droits et des possessions de l'Église, repose sur une » confusion de l'ordre spirituel et de l'ordre civil, et n'a » d'autre but que des intérêts temporels. L'Église, d'après » eux, ne doit rien décréter qui puisse lier la conscience » des fidèles relativement à l'usage des choses temporelles ; » elle ne possède pas le droit d'user de peines temporelles » pour réprimer les violateurs de ses lois ; conformément » aux principes de la théologie et du droit public, c'est au » gouvernement civil qu'appartient la propriété des biens
1. Clément XII. « In eminenti. J» Benoît XIV. « Providas Romanorum. » Pie VII. « Ecclcsiam. » Léon XIII. « Quo graviora. »
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oriuntur sententise atque errores. Dictitant enim « Ecclesiasticam potestatem non esse jure divino distinctam et independentem a potestate civili, neque ejusmodi distinctionem et independentiam servari posse, quin ab Ecclesia invadantur et usurpentur essentialia jura potestatis civilis. » Atque silentio praeterire non possumus eorum audaciam, qui sanam non sustinentes doctrinam, contendunt « illis Apostolicae Sedis judiciis et decretis quorum objectum ad bonum générale Ecclesise, ejusdemque jura ac disciplinam spectare declaratur, dummodo fidei morumque dogmata non attingat, posse assensum et obedientiam detrectari absque peccato, et absque ulla catholicae professionis jactura. >> Ouod quidem quantopere adversetur catholico dogmati plenae potestatis Romano Pontifici ab ipso Christo Domino divinitus collatas universalem pascendi, regendi et gubernandi Ecclesiam, nemo est qui non clare aperteque videat et intelligat.
In tanta igitur depravatarum opinionum perversitate, Nos Apostolici Nostri officii probe memores, ac de sanctissima nostra religione, de sana doctrina, et animarum salute Nobis divinitus commissa, ac de ipsius humanae societatis bono maxime solliciti, Apostolicam Nostram vocem iterum extollere existimavimus. Itaque omnes et singulas pravas opiniones ac doctrinas singillatim hisce Litteris commemoratas auctoritate Nostra Apostolica reprobamus, proscribimus atque damnamus, easque ab hominibus catholicae Ecclesiae filiis, veluti reprobatas, proscriptas atque damnatas omnino haberi volumus et mandamus.
Ac prœter ea, optime scitis, Venerabiles Fratres, hisce temporibus, omnis veritatis justitiaeque osores, et acerrimos nostrie religionis hostes, per pestiferos libros, libellos, et ephemerides toto terrarum orbe dispersas, populis illudentes, ac malitiose mentientes alias impias quasque disseminare
3ppenDtce.
» que possèdent les églises, les congrégations religieuses » et les autres lieux pies. » Les hérétiques avaient émis un axiome, un principe d'où sont sorties mille opinions perverses, mille erreurs. Ce principe, ils le reprennent pour leur part, et ils disent hautement et publiquement que « la » puissance ecclésiastique n'est pas, de droit divin, distincte » et indépendante de la puissance civile, que si cette dis- » tinction, cette indépendance existent, c'est grâce à une » usurpation de l'Église sur les droits essentiels de l'auto- » rite civile. » Nous ne pouvons pas non plus passer sous silence l'audace de certains hommes qui, rebelles à la saine doctrine, prétendent « que sans péché et sans aucun détri- » ment de la foi catholique, on peut refuser de se soumettre » et de se conformer aux jugements et décrets du siège » apostolique, relatifs au bien général de l'Église, à ses » droits et à sa discipline, pourvu qu'ils ne touchent ni » aux dogmes de la foi ni aux principes des mœurs. » Il n'est personne qui ne voie et ne comprenne parfaitement combien une telle affirmation est contraire au dogme de l'autorité pleine et entière conférée divinement par Notre-Seigneur Jésus-Christ au Pontife romain pour paître, régir et gouverner l'Église universelle.
Au milieu donc de ce débordement d'opinions funestes et dépravées, pénétré du devoir de Notre charge apostolique, et plein de sollicitude pour Notre sainte Religion, pour la saine doctrine, pour le salut des âmes, que Dieu nous a confié, et pour le bien môme de la société civile, Nous avons cru devoir élever de nouveau Notre voix. Nous réprouvons donc, proscrivons et condamnons par Notre Autorité Apostolique toutes et chacune des doctrines et opinions perverses rappelées dans cette lettre Encyclique et Nous voulons et ordonnons que tous les enfants de l'Église catholique les tiennent pour réprouvées, proscrites et condamnées.
Outre tout cela, vous savez parfaitement, Vénérables Frères, que de nos jours les ennemis de toute justice et de toute vérité, les adversaires implacables de notre sainte Religion, trompent les peuples, mentent sciemment et disséminent leurs doctrines impies au moyen de livres, de brochures
appennice-
doctrinas. Ncque ignoratis, bac etiam nostra aetate, nonnullos rcperiri, qui a Satanae spiritu permoti et incitati, eo impietatis devenerunt, ut Dominatorem Dominum Nostrum JESUM CHRISTUM negare, ejusque Divinitatem scelerata procacitate oppugnare non paveant. Hic vero haud possumus, quin maximis meritisque laudibus Vos efferamus, Venerabiles Fratres, qui Episcopalem Vestram vocem contra tantam impietatem omni zelo attolere minime omisistis.
Itaque hisce Nostris Litteris Vos iterum amantissime alloquimur, qui in sollicitudinis Nostrae partem vocati, summo Nobis inter maximas Nostras acerbitates solatio, laetitiae et consolationi estis, propter egregiam qua praestatis religionem, pietatem, ac propter mirum illum amorem, fidem et observantiam, qua Nobis et huic Apostolicae Sedis concordissimis animis obstricti gravissimum episcopale Vcstrum ministerium strenue ac sedulo implere contenditis. Etenim ab eximio Vestro pastorali zelo expectamus, ut assumentcs gladium spiritus, quod est verbum Dei, et confortati in gratia Domini Nostri JESU Christi, velitis ingeminatis studiis quotidie magis prospicere ut fidèles curas vestrae concrediti « abstineant ab herbis noxiis, quas Jesus-Christus non colit, « quia non sunt plantatio Patris (i). » Atqueeisdem fidelibus inculcare nunquam desinite, omnem veram felicitatem in homines ex augusta nostra religione, ejusque doctrina et exercitio redundare, ac beatum esse populum, cujus Dominus Deus ejus (2). Docete « catholicae Fidei fundamento « régna subsistere (3), et nihil tam mortiferum, tam praeceps « ad casum, tam expositum ad omnia pericula, si hoc soîum « nobis putantes posse sufficere, quod liberum arbitrium, « cum nasceremur accepimus, ultra jam a Domino nihil ^ quaeramus ; id est, auctoris nostri obliti, ejus potcntiam, « ut nos ostendamus liberos, abjuremus (4). » Atque etiam ne omittatis docere « regiam potestatcm non ad solum mundi » regimen, sed maxime ad Ecclesiae praesidium esse colla-