CHAPITRE XXI
Siège de Padoue. — Le Bon Chevalier est chargé de faire les
approches de la place.
L'Empereur , ne sachant pas même garder ce qu'on lui avait mis entre les mains , laissa bientôt les Vénitiens reprendre la ville de Padoue. Il s'était contenté d'y envoyer une garnison de huit cents lansquenets sous les ordres de Léonard Dressino , banni de Vicence , dont les conçussions firent bientôt regretter à cette cité l'équitable domination de ses anciens maîtres. André Gritti , provéditeur de la République , secondé par les habitans de Padoue , s'en empara d'emblée le 1 8 juillet 1 509, jour à jamais célèbre dans les annales vénitiennes.
Cette nouvelle parut tirer l'Empereur de son
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indolence ; il jura de venger sur ces audacieux pêcheurs le massacre de sa garnison , rassembla autant de troupes que le lui permit l'état ordinaire de ses finances et fit demander des secours aux princes confédérés. Tout en accusant Maximilien de négligence , Louis ne crut pas devoir lui refuser cinq cents lances 1 qu'il mit pour trois mois à sa disposition sous la charge du seigneur de La Palice.
La première personne que ce brave capitaine rencontra sur la place en sortant du château de Milan où il venait de recevoir les ordres du Roi, fut le Bon Chevalier. « Mon compagnon, » lui dit-il, après lui avoir expliqué l'objet de sa commission, « voulez-vous pas que noussoyons de compagnie? » — Bien volontiers, » reprit Bayart qui n'était pas homme à refuser une telle proposition et surtout de sa part. Son exemple détermina à se joindre à l'entreprise en qualité de volontaires plus de deux cents gentilshommes, parmi lesquels on remarquait le jeune Bussy d'Amboise dont l'intrépidité s'était déjà fait connaître, et les sei-
• Le mot lance s'employait alors collectivement pour signifier les cinq ou six hommes (plus ou moins, selon les Ordonnance? ) qui .formaient ce que l'on appelait une lance fourme , ou simplement «me