‹ Histoire de Pierre Terrail, seigneur de BayartChapitre 43 sur 59 · HK · texte numérisé non relu

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Un conseil de guerre fut assemblé au camp de Biangjf. Les tms furent d'avis de ravitailler

Térouenne de nuit avec cinq cents hommes d'armes ; les autres prétendirent qu'il le fallait tenter en plein jour , avec huit cents au moins; enfin chacun donna son opinion. Quand vint le leur de Bayart , tous les capitaines prêtèrent attentivement l'oreille aux paroles « d'un aussi » renommé expérimentateur de guerres. » — « Messeigneurs , » dit -il, «je trouve bieu diffi- » cile davitailler une place assiégée sans com- » battre , ni faire lever le siège , et je ne crois » pas que vous le puissiez faire autrement qu'en » marchant à la tête de toutes nos troupes et » en livrant bataille aux ennemis. Mais si le Roi » ne veut ainsi aventurer son rovaume ni son ar- » mée , il ne reste qu'à mander à ceux de Té- » rouenne de faire honnête composition avec le » roi d'Angleterre. — Certes , » lui répondit le seigneur de Piennes, « voici, seigneur de Bayart, » deux avis bien différens. Le premier assuré- » ment digne de votre grand cœur, mais par trop » hasardeux ; quant au second , si un autre que » Bayart l'eût ouvert , il semblerait provenir de » couardise; or, Messeigneurs, mon avis est qu'il » faut tenir le moyen , ni trop ni peu. »

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II fut décidé que le capitaine de Fontrailles avec ses Albanais , portant chacun sur le cou de son cheval un quartier de lard et un sac de poudre , s'avanceraient jusque sous les murailles deTérouenne, et jetteraient lard et poudre dans les fosses de la ville. Ils seraient suivis jusque sur les hauteurs de Guinegâte par quatorze cents hommes qui les soutiendraient, en cas d'attaque. « Messeigneurs , • dit le Bon Chevalier, a je ne douterais point de la réussite de » ce plan , si vous aviez affaire seulement aux » Anglais et aux deux opiniâtres qui gouvernent » tout, l'aumonier et le grand -écuyer Mais » l'empereur Maximilien est au camp avec quel-

» ques preux hommes d'armes bourguignons et » hennuyers , qui ne dorment jamais que d'un » œil ; je vous certifie qu'ils savent à l'heure » même ce que nous venons de décider , et que » vous ne sauriez rien faire qu'ils n'en soient » avertis. Ne pensez pas que j'aie parlé tout à » l'heure par outrecuidance téméraire ou pusil- » lanimité féminine ; je suis prêt a faire tout ce

1 Le cardinal de VoUey et Charles Brandon , auquel Henri VIII venait de donner le titre de duc de Suflolk, dont il avait dépouillé le véritable duc de Suffolk ,' de la maison de La Pôle , alors réfugié *n France.

•» qu'il plaira au Roi et au conseil d ordonner , » et je vous jure que je serai bien pressé si je » recule ; sur ce je prie Dieu que notre entre- 9 prise soit heureuse. »

Les Albanais partirent pour exécuter leur commission , suivis , malgré les ordres du seigneur de Piennes,' d'une foule de jeunes seigneurs qui s'étaient joints à eux par partie de plaisir.

L'entreprise réussit à merveille, et les provisions furent recueillies par les assiégés. Mais le roi d'Angleterre , averti par ses espions trop tard pour s'opposer à l'expédition des Français, les attendait à leur retour. Il posta derrière une colline , où ils étaient forcés de repasser , dix mille archers anglais , cinq à six mille lansquenets et dix pièces d'artillerie , puis il envoya ses hommes d'armes les attaquer de front. De Piennes s'efforçait de presser la retraite, mais les jeunes seigneurs ne daignaient pas l'écouter; la plupart, ôtèrent leurs casques à cause de la chaleur, montèrent sur leurs chevaux de main , « riant , » buvant à la bouteille , » sans songer à l'ennemi.

La cavalerie anglaise et bourguignonne atteignit bientôt les Albanais qui, ayant reçu l'ordre précis de ne point combattre , se retirèrent

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à toute bride auprès de la gendarmerie. Les hommes d'armes se mirent en bataille aussi bien qu'il leur fut possible dans le désordre qui régnait parmi eux, et soutinrent quelque temps le choc des ennemis. Mais tout -à -coup ils aperçurent l'infanterie anglaise qui s'avançait pour leur couper chemin , et , croyant avoir affaire à l'armée entière , ils se débandèrent soudain et s'enfuirent au grand galop. Le duc de Longueville essaya vainement de les rallier. La Palice avait beau leur crier de toutes ses forces: « Tourne , homme d'armes ! tourne ! ce n'est » rien! » ils n'en fuyaient que plus fort. Bientôt ces deux seigneurs furent entourés par les ennemis; le duc de Longueville demeura prisonnier. Pour La Palice, a comme un second Hec- » tor, » il se débarrassa des mains de ceux qui l'avaient saisi, et courut à Blangy.

Bayait , contraint , et à son grand regret , de tourner le dos comme les autres , faisait volteface à chaque pas avec son compatriote François de Sassenage et une quinzaine d'hommes d'armes restés autour de lui. Il rencontra sur son chemin un large fossé qui menait l'eau a un moulin du voisinage, et sur lequel se trouvait un petit pont fort étroit , où deux hommes pou-

vaient à peine passer de front. « Messeigneurs, » dit-il a ses compagnons , « arrêtons-nous ici , car » nos ennemis ne sauraient d'une heure gagner » ce pont sur nous. Vous , courez au camp , » ajouta-t-il à l'un de ses archers , « el avertissez » monseigneur de La Palice que j'arrêterai bien » ici les ennemis sur le cul au moins une demî- » heure , et qu'il fasse , pendant ce temps , re- » mettre nos gens en ordre; car s'il prenait » envie aux Bourguignons de pousser jusqu'au » camp , ils auraient bon marché d'une troupe » en pareil désarroi. » L'archer courut à Blangv, laissant le Bon Chevalier prouver, à la garde de son pont , qu'il n'était donné qu'à lui d'égaler ses propres exploits. Les Bourguignons et les Hennuyers, surpris de se voir arrêtés en si beau chemin par une poignée de gens , redoublèrent d étions pour leur passer sur le ventre. Mais le Bon Chevalier profita si courageusement de la bonté de sa position, que les Français eurent tout le temps de se rallier a Blangy. Les ennemis, à la lin ennuyés de se voir ainsi faire la barbe , commencèrent à crier qu'on leur amenât quelques arquebusiers ; mais au même moment une grosse troupe des leurs venait de découvrir un peu plus bas le moulin où ils passe-

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rent tout à leur aise. Le Bon Chevalier, se trouvant donc cerné de tous côtés , dit à ses gens : « Messeigneurs , rendons - nous à ces gentils- » hommes, ils sont dix contre un, nos gens sont » à trois lieues d'ici , nos chevaux recrus , et toute » notre prouesse ne nous servirait de rien. Si » nous attendons plus long-temps, les archers » anglais arriveront et nous mettront tous en » pièces, selon leur coutume. » Comme il achevait ces mots , les ennemis fondirent sur eux en criant : Bourgogne, Bourgogne ! et les Français , suivant l'avis de leur chef, se rendirent chacun aux plus apparens de la troupe.

Pendant que les Bourguignons étaient occupés a recevoir leurs prisonniers, Bayart aperçut un gentilhomme de bonne mine, qui accablé de fatigue et de chaleur , avait quitté ses armes , s'était assis k l'ombre d'un arbre , et prenait le frais , sans daigner s'amuser aux prisonniers. Il piqua son cheval droit à lui , et lui vint mettre l'épée $ur la gorge en lui disant : « Rends-toi, » homme d'armes , ou tu es mort ! » Le Bourguignon fut bien ébahi , car il croyait l'affaire terminée depuis long-temps. Toutefois il eut peur de mourir et lui répondit : « Je me rends donc » puisque je suis pris de cette sorte. Qui êtes-

» vous ? — Je suis , » répliqua-t-il, « le capitaine • Bayait, qui me rends moi-même à vous ; voici » mon épée , et veuillez m'emmener avec vous , » mais vous me feriez la grâce de me la rendre » si nous trouvions en chemin des Anglais qui » voulussent me tuer. » Le gentilhomme lui en donna sa parole, et la précaution ne fut pas inutile , car en se rendant au camp il leur fallut à tous deux jouer des couteaux contre les archers anglais , qui pensaient tuer le Bon Chevalier, mais qui n'y gagnèrent rien. ; r < Bayart fut conduit par le Bourguignon dans sa tente , et en fut on ne peut mieux traité. « Mon gentilhomme, » lui dit -il deux ou trois jours après , « quelque bonne chère que vous » me fassiez, rien de tel, comme l'on dit, que » la maison. Je voudrais bien que vous me fis- » siez reconduire sûrement au camp du Roi mon » maître , car je m'ennuie ici. — Comment ! » dit l'autre ; « nous ne sommes point encore con- » venus de votre rançon ! — Ni de la vôtre non » plus , » ajouta Bayart , « car vous étiez déjà » mon prisonnier lorsque je me suis rendu à » vous pour sauver ma vie, non autrement. » Celui-ci bien étonné ne savait trop que rér pondre, et Bayart ajouta : « Mon gentilhomme,

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» vous tiendrez votre parole, ou tôt ou tard je » trouverai le moyen d'échapper, et de vous en » demander raison les armes en main. » Le Bourguignon n'en fut que plus embarrassé, car il avait assez ouï parler du capitaine Bayart pour ne pas se soucier d'avoir affaire à lui. (Vêtait du reste un assez courtois chevalier, et il lui répondit : « Monseigneur de Bayart , je ne veux » que mon droit , et je m'en rapporterai à la » décision des capitaines. »

Quelque précaution qu'eut prise Bayart pour netre pas connu, le bruit se répandit bientôt qu'il était prisonnier dans le camp 1 , et il semblait, à entendre les ennemis, que sa capture fut le gain d'une bataille. L'Empereur l'envoya chercher , et quoiqu'il ne l'eût pas vu depuis longtemps, il le reconnut aussitôt. Maximilicn avait pris Bayart en grande amitié au siège de Padoue, et lui en avait donné plusieurs témoignages. « Eh ! capitaine Bayart , » lui dit-il d'un ton attable en l'apercevant, « quel vent vous » amène ici? — Sire, le vent impérial de votre

1 Cafttorum ducum nomma mi/ti rex enumeravit Dominum

citant Hajartum, egregium belbrum magistrum. ( I'ktri Mirtyris , Epistolarum o/ms, «»pisl. ^7, p. a 8 8.)

» pays de Germanie, ei il m'a mieux dirigé que » je ne pensais , en me conduisant devant un » prince dont j'ai déjà éprouvé les bontés et kt

» générosité. — Certes, capitaine, ce serait meil- » leur a dire , si vous fussiez venu de votre plein » gré et pour nous rendre seulement visite. » Nous avons fait autrefois la guerre ensemble, » et je croyais me rappeler qu'on disait en ce » temps-là que Bayart ne fuyait jamais. — Sire, » si j'eusse fui je ne serais pas ici. — Capitaine » Bayart , mon ami, je n'en ai pas moins de joie » à vous voir , et plût à Dieu que j'eusse beau- » coup d'hommes tels que vous -, avant peu je » me saurais bien venger des bons tours que le » Roi votre maître m'a faits par le passé. » Le Bon Chevalier n'était pas homme à laisser rabaisser en sa présence l'honneur du roi de France. « Sire , » lui répliqua - 1 - il , « il vous a été si » fidèle allié que de se mettre en détresse pour » vous; il na pas tenu à lui , si je m'en souviens, » que vous ne vous rendissiez maître de Padoue. » — C'est bien à vous de défendre le Roi votre » prince; mais, capitaine, vous savez bien vous- » même qu'en penser, et délaissons des sujets » aussi fâcheux. »

Sur ces entrefaites , arriva le roi d'Angleterre.

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« Mon frère, » lui dit Maximilien , « connaissez* » vous ce gentilhomme français?— Nenni, » dît Henri VIII, « sur ma foi. — Certes, vous en avez » pourtant assez entendu parler; c'est le Français » le plus renommé qui fut onc , la terreur des » Italiens et des Espagnols. — Sire, » réponditil , « alors ce n'est ni un rouan ni un grison 1 , » mais Bayart de France. Vraiment, mon » frère , vous êtes bon devin pour cette fois-ci. » Le roi d'Angleterre prit Bayart par la main ; le Bon Chevalier voulait mettre un genou en terre , mais IJenri ne le voulut souffrir, et l'embrassa comme s'il eût été un prince.

La conversation tomba naturellement sur l'affaire de Guinegâte ; Henri VIII disait qu'il n'avait jamais vu si bien jouer des éperons, et l'Empereur et lui parlaient en termes assez méprisans des hommes d'armes de France. « Sur mon ame, » dit le Bon Chevalier, « la gendarmerie française ne doit » en être aucunement blâmée, car elle avait reçu » commandement exprès de ses capitaines de ne » point combattre. — Jamais ordre ne fut mieux

Chauipier fait ici jouer le roi d'Angleterre sur les trois mots : rouan , grUon et bayard , qui signifiaient alors des chevaux de divers poils. Ces jeux de mots étaient Tort à la mode dans ce siècle, comme l«* témoigne notre épigraphe.

» suivi, » dit l'Empereur. «Fuir ainsi devant » cinq cents hommes d'armes au plus, sans ren- » dre le moindre combat, n'est pas digne de » l'intrépidité dont on fait parade chez vous, » ajouta le roi d'Angleterre.

« — Sire , » répliqua Bayart , « ces cinq cents » hommes d'armes étaient soutenus par dix-huit » mille hommes de pied et de l'artillerie, et » nous n'avions rien de tout cela. Si c'était cou- » tume à nos hommes d'armes de fuir, vous » n'en tireriez point tant de gloire aujourd'hui. » Vous n'ignorez pas, hauts et puissans seigneurs, » que la noblesse de France est renommée par • tout le monde , sans que je veuille me mettre » du nombre. — Vous, Monseigneur deBayart , » dit le roi d'Angleterre, « si tous les gentilshom- » mes de France étaient vos semblables, je crois » que le siège que j'ai mis devant cette ville me » serait bientôt levé. Mais , par bonheur , vous » êtes notre prisonnier. — Sire, » dit Bayart, « je ne suis qu'un prisonnier volontaire. » L'Empereur ne put s'empêcher de rire à ces paroles , en lui disant : « Certes , capitaine , il paraît que » vous aimez toujours à gaudir, sans épargner » ni roi ni empereur. — A Dieu ne plaise que » d'aussi grands et nobles princes je me vou-

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» lusse gaudir , mais c'est la vérité , et je vous » en fais juges. »

On fit appeler le gentilhomme dont il était à la fois le vainqueur et le prisonnier. Bayart raconta en sa présence la manière dont l'affaire s'était passée, et leBourguignon n'eut autre chose à répondre sinon : « Le seigneur de Bayart a » dit la vérité. » Le roi d'Angleterre et l'Empereur se regardèrent comme pour se consulter, et Maximilien prononça a qu'à son avis le capitaine » Bayart n'était point prisonnier, etquelegen- » tilhomme serait plutôt le sien ; toutefois, qu'en » considération de la courtoisie qu'il lui avait » faite , ils demeureraient quittes l'un de l'autre , » et que le capitaine pourrait s'en aller quand » bon semblerait au roi d'Angleterre. » *

Henri VIII, « le Salomon de l'Angleterre, » se rendit à ce jugement; mais il exigea que Bayart demeurât six semaines sur sa parole, sans porter les armes , en lui laissant la liberté d'aller visiter les villes de Flandre. Le Bon Chevalier remercia les deux princes de l'équité de leur décision, et se prépara à aller voir un pays dont on parlait dans toute l'Europe. Avant son départ, le Roi d'Angleterre lui fit secrètement proposer d'entrer à son service, en lui offrant les plus grands avan-

tapes ; mais il perdit sa peine , et n'en reçut que la même réponse qu'il avait faite jadis au pape Jules. Bayart alla prendre congé de l'Empereur qui l'assura qu'il eût lui-même payé sa rançon dans le cas où Henri n eut pas reconnu son bon droit.Connaissant l'amour du Bon Chevalier pour la chasse, Maximilien lui accorda la permission de chasser à trois lieues aux environs des résidences impériales *. Bayart partageait avec ses compatriotes la passion de cet exercice qui fut toujours l'amusement favori des nations belliqueuses. Après le passe-temps de se faire la guerre entre elle, la noblesse dauphinoise n'en connaissait pas de plus cher , que de la faire aux habitans des forets , et toute la puissance des rois de France n avait pu la restreindre dans la jouissance de ce dernier privilège de son antique indépendance.

Le Bon Chevalier, quoiqu'il n'eût pas de grands biens, s'arrangeait de telle sorte que personne ne tint jamais meilleure maison que lui. Tant qu'il fut sur les terres de l'Empereur , il traita somptueusement les Flamands et les Hennuyers , et ,

quoique le vin coûtât cher dans ce pays , « il les

1 Pierre de Saint-Julien , Mélange» historiques et pnradoxaUes. Lyon, i 588, in-8 , \\. V^O

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ren voyait toujours en si bon état, qu£ rien ne leur manquait que leur lit. » Ils eussent bien désiré que cela eût duré davantage ; mais quand il eut achevé son temps, Bayart prit congé d'eux, et fut reconduit par tous les gentilshommes jusqu'à trois lieues du camp français.

La ville de Térouenne n'ayant pu, faute de vivres, tenir davantage, venait de se rendre aux ennemis. Après neuf semaines d'un siège soutenu contre des forces formidables, et après avoir obtenu une composition honorable , cette brave garnison sortit vies et bagues sauves , enseignes déployées et tambour battant. Mais la clause de la capitulation qui assurait aux habitans la conservation de leurs biens et de leurs maisons , fut mal observée. L'Empereur et le roi d'Angleterre, maîtres de Térouenne , ne pouvant s'accorder à qui des deux demeurerait cette conquête, s'accordèrent à la piller et à la détruire.

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