Guerre civile
Lubomlrskî, répondant à l'appel de la noblesse de la grande Pologne, revint bientôt de la Silésie où il s'était retiré. Cette noblesse se déclara eti sa faveur et prit les armes pour lui. Son parti s'était augmenté depuis que le roi avait manqué aux promesses qu'il avait faites -, afin de calmer l'orage (55), et quoique l'armée du roi fut plus de deux fois
(55) Pendant ceUe guerre civile, Jean-Kasimir, campé prés de Rava, voulant se distraire, alla avec la reine chez un certain Suikovski qui avait chez lui plusieurs militaires, entre autres un officier nommé Pasek qui raconte cette visite inattendue dans ses mémoires, publiés pour la pi%miére roisàPosen, en 1837. Lorsque le roi entrait dans ta cour, la màttaroMe de la maison, SoIkoVska, demanda à Pasek : Mon cher, montrez-moi où est te roi, «ar je ne le connais j)as; on dit qu'il s'habille en ÀUemand, mais je vois plusieurs Allemands, où est-H? » Pasek lui indiqua le clievai sur lequel le roi était monté; alors Sulkovska» court au devant du roi, se jelte h genonz devant le cheval,et, arrêtant la mar-
aussi nombreuse que celle de Lubomirski, ce dernier, remporta, en 1666, une victoire près de Montvy. Gomme s'il n'avait pas suffi à la malheureuse république de supporter des revers de la part des ennemis extérieurs, il fallait encore qu'elle perdît,dans cette lutte entre le roi et lanoblesse, plus de dix mille hommes. La paix étant conclue à Lengonicé, le roi rendit à Lubomirski ses biens et son honneur. Celui-ci ût acte de soumission et craignant quelque noirveau piège, se retira en Silésie, où bientôt après il mourut. La diète ratifîa cet accord de Lengonicé et Ton y confirma aussi le droit de l'élection du roi. La reine affligée du mauvais résultat de ses intrigues, mourut (56). Mais la discorde entre les hommes distingués de la république ne discontinua pas.
4rtae du roi, setnet k vociTérer : « lasIeDIea! si ta as Jamais puni de» rois, mauTais, injustes, usurpateurs, oppresseurs, ceux qui font répandre le «ang innocent, daigne aojoiird'liui montrer ta Justice sur ie roi lean- Kasimir; que la foudre remporte, que la terre le dévore vivant, que la première balle l'abatte; que tous les fléaux du roi Pbaraon l'atteignent, pour tous les maux que nous souffrons, nous pauvres gens et notre royaume. » CesLen vain que le mari s'efforça de lui fermer la boucbe, elle élevait d*autaQi plus sa vois el criait de toutes ses forces. Le roi tourna bridQ pour s'en aller. Sulkovski court après lui« le supplie, veut le retenir par son étrier. Le roi lui réplique : a ]^ aucune manière, tu as une méchante femme ; je ne veui pas, Je ne veux pas. » Et il repartit disant aussi à la reine qui le suivait daasson carrosse : «c Retourne, nous n'avons rien à faire ici. » De retour à Rava, la reine était en colère et le roi riait de cette mésaventure. La reine répétait qu'elle voudrait écraser la femme Sutkovska, et le roi répondait qu'il fallait la laisser, qu'au moins ceux qui souffrent pusseni avoir la satisfaction d'eu parler et de se plaindre, a Mais au nom de Dieu, i^outa-t-il, qu'on avise Lubomircki de se réconcilier avec nous, car à raison de cette guerre, la confusion nous poursuit même d^ la part des femmes. Sulkovska, de son câté, était si résolue, qu'elle arriva le lendemain à Rava^ demandant une audience au roi qui ne la lui refusa point afin d'apprendre quel grief parliculier elle avait, et pour la satisfaire {Mémoires, de Paseh, an 1665, p. 192, 193j.
(56) Le lundi après PAques, 1666, à la fête des noces de Krasinski, fils du trésorier de la couronne, assistait le roi Jean-Kasimir. La reine, chagrUiée de la non réussite de son projet, se trouvant depuis quelque