La reine veut désigner un successeur au trône
La reine forma le projet de placer sur le trône un prince français qui allait épouser sa cousine. Sans attendre la fin des guerres, elle décida son mari à faire la proposition, à la diète de 1661, de choisir pour successeur le prince de Condé d'Enghien, du vivant de Jean-Kazimir. Le silence de la surprise fut interrompu dans les deux chambres parMaximilien Fredro, dans celle du sénat, et par Povalski, dans celle des nonces. Il s'élevèrent contre l'inconvénient et l'inconséquence d'un tel projet, qui violait les droits fondamentaux de la république. Georges Luboinirskij grand maréchal et hetm an-de-camp de la couronné, dont l^s services éminents envers la patrie et le roi furent si grands et si connus, jouissant d'une très haute 'considération dans tout le pays, se prononça aussi d'une manière énergique pour le maintien des lois, auxquelles une pareille proposition portait atteinte, et s'attira par cette conduite le ressentiment de la reine.
170* LulM>mirski persécuté.
La reine et le chancelier , Nicolas Prazmovski , alors évèque de Luck, réussirent par leurs intrigues à susciter contre Lubomirski, la /ausse accusation d'avoir le projet d'abroger la royauté et de se déclarer lui-même protecteur de la république. Bien que cette invention fut dénuée de toute vraisemblance, cependant Lubomirski, cité devant la diète.
fSO POLOGNE EN DÉGADENCÏT.
en lft«4, par rififluence de la reine et de Tévèque, fut coirdamné par contumace à perdre ses biens, se$ dignités et sa \ie. Le roi se hâta de nommer aux charges de maréchal et de betman-de-camp, charges devenues vacantes, Jean-Clément Branicki^maisceUi*-cicputindignede profiter dexçtte injustice et de tirer avantage du tort qu'on faisait prouver à un autre, et il repoussa le bâton de maréchal qu'on lui offrait f Jean Sobieski ne se montra pas aussi scrupuleux et l'accepta. Etienne Gzarniecki, qui avait déployé le caractère d*un héros dans la défense de son pays» homme d^intéressé mais brusque, sévëre et se laissant quelquefois diriger par les passions, étaiït mal disposé envers Lubomirski-,^ ne dédaigna pas non plus le bâUm de hetman - de - camp qui lui fut conféré. En effet, d'une famille noble mais pauvre, malgré les importants services qu'elle avait rendus, il n'obtint point pendant toute sa vie de hautes dignités, et celle de hetmande-camp lui arriva sur son lit de mort. Jean Sobieski reçut encore après lui le bâton de hetman-de-^amp et, protégé par l'amitié de Prazmovski, avec lequel il était très-lié, 11 devint bientàt grand-hetman.