‹ Histoire de PologneChapitre 163 sur 219 · Alexandre change de disposition. Seconde diète · texte numérisé non relu

Alexandre change de disposition. Seconde diète

L'empereur Alexandre avait de fréquentes entrevues avec l'empereur François et le roi de Prusse, et i\ s'en retournait avec des dispositions bien différentes de celles dans lesquelles il était parti. Il forma avec eux ce qu'ils appelèrent la saintealliance, dont le but était d*ëtoufler la liberté des peup!es Depuis ce temps le même Alexandre qui avait semblé jusqu'alors protéger les lumières et le progrès de la civilisation commença à rétrograder. En 1818 les citoyens de la Litvanie, réunis dans la diétine deVilna, ayant pris la résolution de rendre la liberté avx paysans, Alexandre reçut avec froideur leur proposition philanthropique, et bientôt après on leur défendit d'en parier. Dans le royaume, on commença, sous des prétextes futiles, à restreindre la liberté de la presse, à menacer la liberté personnelle. Tout cela était contraire à la constitution, mais ce n'était pas chose nouvelle, car on l'avait déjà violée sous plus d'un rapport. Le gouvernement se garda bien de présenter le budget à la diète, bien qu'il dût le faire, d'après la disposition la plus formelle de la constitution. La première diète ayant réclamé contre cet abus en termes fort modérés, Alexandre répondit le 4 septembre 1818, que la diète n'avait pas le droit d'accuser les actes du gouvernement et de les blâmer, qu'elle n'était réunie que pour donner son opinion sur des objets que le gouvernement croyait nécessaire de soumettre à son examen. Les chambres ne comprenaient pas un pardi commentaire de la constitution libérale. Dans ie discours d'ouverture de la seconde diète , le 13 septembre 1820 , Alexandre, appela les représentants à la confiance, car disait-il, la constitution qu'il avait accordée ne devait avoir d'autre appui que la confiance illimitée qu'on aurait en lui, et que Texistence même du nom polonais, ne dépendait que de la morale chrétienne qui l'animait. Celui qui exige la confiance des autres n'en mérite guère^ il sème la méfiance par son langage hypocrite. €'est ainsi qu'Alexandre annonça qu'il ne se ferait point scrupule de retirer les institutions qu'il avait octroyées, et qu'en étouffant la délicatesse de conscience dont il faisait parade, il mettrait un

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terme à Texistence même du nom polonais. Ces menaces n'intimidèrent point la diète de 1820, et les membres de cette assemblée résolurent de faire tète à l'orage. Les deux frères Vincent et Bonaventure Niemoïovski, ayec d'autres représentants du palatinat de Kalisz, appuyés par Joseph Godlevski, nonce de Mariampol, firent partager leur opinion à une immense majorité de la chambre des nonces, où il se forma bientôt une opposition constitutionnelle qui comptait cent dix-sept voix contre trois. Si Alexandre eut sincèrement désiré le bonheur de la nation , cette opposition aurait dû lui indiquer les vœux auxquels il devait céder. La diète rejeta les projets de lois qui lui furent présentés, signala les abus, la mauvaise administration du pays et la prochaine banqueroute. Alexandre, indigné de cet avertissement constitutionnel, déclara dans son discours de clôture que la diète avait retardé la restauration de la patrie, et menaça, dans son rescrit du 25 mai 1821, de détruire l'existence politique du royaume, s'il ne trouvait pas des ressources nécessaires pour faire face aux dépenses publiques, et couvrir le déficit du trésor. Il y avait pour cela des moyens suffisants et on pouvait s'en servir légalement; mais il préféra employer des mesures violentes et illégales, dont il confia l'exécution à Novosiltzov, sénateur russe résident, ou commissaire impérial auprès du royaume, et au prince Xavier Lubecki, auquel il donna à cet effet le ministère des finances. Quoique souvent divisés d intérêt, réunis par le besoin commun d'attirer sur eux les faveurs impériales, et d'en éloigner les autres concurrents, ces deux fidèles serviteurs cherchaient à deviner la pensée intime de leur maître, et travaillaient à Tenvi au même but par différents moyens.

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