‹ Histoire de PologneChapitre 169 sur 219 · Novosiltzov lÂch6 après les enfants. Enquête de Vilna · texte numérisé non relu

Novosiltzov lÂch6 après les enfants. Enquête de Vilna

Or, bien qu'on dût croire que depuis le moment où les sociétés secrètes avaient été défendues, les Philarètes et les Pbilomates avaient cessé de se réunir, l'infâme Novosiltzov n'en voulut pas moins connaître leur nombre et leur trouver un crime. Tous ceux qui se distinguaient par leur application à rétude ou par leur belle conduite, lui étaient suspects. Il changea dix couvents de Yilna en prisons, où il entassa de jeunes étudiants, qu'on arrêtait au milieu de leurs familles, dans les rues, aux cours publics et jusque dans les églises. Chacune des provinces polonaises appartenant à la Russie, fournit à Novosiltzov son contingent de prisonniers politiques. C'était pour la plupart d'anciens élèves de l'université, qui après avoir fini leurs études avaient embrassé la carrière civile, militaire ou ecclésiastique, ou qui cultivaient tranquillement leurs champs loin du bruit du monde. C'était l'élite de la jeunesse qui, à peine avait passé vingt ans, et beaucoup n'étaient que des adolescents qui n'avaient pas atteint cet âge. Après huit mois de détention, ils aigrirent par un ukaze d'Alexandre , empereur de Russie et roi de Pologne, en date du 14 août 1824, qu'ils avaient commis le crime de haute trahison^ en voulant ranimer au moyen des lettres leur nationalité polonaise. Ce fut pour ce crime que Thomas Zan fut envoyé en Sibérie, plusieurs autres an fond de la Russie, et qu'on destitua quatre jeunes professeurs des

plus populaires parmi les étudiants , avec ordre de quitter Vilna, et de se rendre dans des lieux qui leur furent assignés. Dès ce moment, NovosiltzoY, étant devenu curateur à la place de Gzartoryski , runiyersitë de Vilna fut dégradée et avilie. L'administration des fonds tomba dans des mains avides , et renseignement universitaire confié à des personnes inhabiles, ou qui, craignant de se compromettre, ne prêchaient que des doctrines approuvées par le gouvernement , devint un instrument pour façonner les esprits au joug du despotisme. Mais ce ne fut pas encore là tout ce que fit NovosiltKov dans samission. Pendant Finstruction de raffaire de Vilna , il se passa dans beaucoup d'autres écoles des événements où les élèves manifestèrent des sentiments nationaux, ou commirent des fautes inséparables de leur âge. Le conseil de guerre institué pour les juger, infligea aux enfants, des peines applicables à des crimes d*état. 11 les envoya, les uns en Sibérie, ou aux mines, d'autres, dans des casemates ou dans divers régiments , pour y servir comme simples soldats. Arrachés des bras d^ leurs mères , et jetés sur des charrettes , la tète rasée et les fers aux pieds, ils partirent pour les lieux de leur destination. Lear bourreau Novosiltzov, retourna à Varsovie, chargé des malédictions des familles désolées, et comblé des récompenses impériales (19).

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