Aiicolas monie sur le trône
Après la mort d'Alexandre, rinsurrection militaire qui <5clata àPétersbourg, et le droit du grand-duc Constantin à la couronne comme frère aîné de Nicolas , embarrassèrent la succession au trône. En épousant une Polonaise, Constantin avait renoncé à son droit, mais cette renonciation no semblait pas suffisante; Nicolas ne se crut pas autorisé à prendre le titre d'empereur, avant que son frère eût renouvelé son acte de renonciation. H importait peu aux Polonais de savoir qui prendrait le titre de roi de Pologne; la révolution de Pétersbourgleur était d'un plus haut intérêt. Nicolas, hésitant à prendre le titre d'empereur au préjudice de son frère, effrayé par l'explosion révolutionnaire de la capitale , se hâta de prêter serment à la constitution comme roi de Pologne. Il avait déclaré qu'il marcherait fidèlement sur les traces de son frère Alexandre. En effet , il n'y eut que cette différence dans leur politique envers la Pologne que le nouveau roi, ne voulant pas tromper les polonais par de fausses promesses, comme l'avait fait tant de fois Alexandre, annonça bientôt dans une lettre publique adressée au gouverneur de Pétersbourg , que les Polonais , n'avaient rien à espérer au-delà de ce qui leur avait été accordé, en d'autres termes que les provinces polonaises appartenant à la Russie ne seraient jamais réunies au royaume de Pologne. Le soulèvement de quelques régiments russes, qui accompagna l'avènement de Nicolas, lui fournit l'occasion de prouver qu'il ne s'écarterait en rien du modèle qu'il s'était proposé de suivre. L'insurrection ayant éclaté prématurément à Pétersbourg et en Ukraïne, fut comprimée facilement sur ces deux points et entraîna à sa suite de nombreuses condamnations , qui couvrirent de deuil toute la Russie. C'est par suite de ces événements que l'élite de la jeunesse russe fut déportée en Sibérie, ou envoyée aux mines. Ceux qui étaient jugés comme les plus coupables , Pestel , Riléiév , Mouraviév , Bestujév et Kakhovski , furent condamnés à la peine du gibet. Les patriotes russes , qui avaient entrepris de renverser je despotisme de leurs empereurs , et d'améliorer l'état de l'empire russe , sentaient bien qu'ils ne pouvaient
contester aux Polonais la liberté qu'ils voulaient conquérir pour la Russie, et sachant que les Polonais les seconderaient de toute leur force , dans leur mouvement insurrectionnel , ils établirent avec eux des relations , et leur tendirent une main amie pour pouvoir travailler d'autant mieux à raffranchissemerit de leur patrie. Tout cela se passait dans ces sociétés secrètes qu'Alexandre craignait tant^ et dont U suivait les traces jusqu'au milieu de la jeunesse inoffensive des universités. Nicolas , marchant sur les traces de son frère , continua son ouvrage , mais en dirigeant son attention sur une position plus élevée. Ce fut parmi les patriotes russes et polonais , qui conspiraient ensemble , qu'il chercha à découvrir et à déraciner les sociétés secrètes (20).