‹ Histoire de PologneChapitre 174 sur 219 · Gblopicki révèle ses plans · texte numérisé non relu

Gblopicki révèle ses plans

La dictature à Rome était un pouvoir extraordinaire, illimité , de courte durée , ne pouvant être établi que dans des circonstances difficiles, comme dans les dissensions intérieures; elle cessait aussitôt que les troubles étaient apaisés; le dictateur avait le droit de vie et de mort, et pendant qu'il gouvernait seul , tous les anciens pouvoirs étaient suspendus. On s'imagina de faire parade avec quelque chose de semblable à Varsovie. Quand la dictature fut établie, le club interrompit ses délibérations, et les innocents tapages cessèrent ; on dansait seulement et on chantait en l'honneur de Chlopicki, dans le lieu du rendez-vous général, appelé Honoratka. Tout le monde s'armant et s'apprètantau combat, en attendant l'ouverture de la diète, et espérant qu'alors la situation des affaires se dessinerait plus nettement. C'était le calme majuesteux qui précède Torage, mais un calme plein d'activité : chacun prenait en silence ses précautions pour ne pas périr pendant l'ouragan qui allait tomber sur le pays. Chlopicki jouissait d'un grand crédit parmi ses compatriotes, et quoiqu'on connût ses emportements et son humeur brusque, cependant la haute idée qu'on avait de ses talents militaires et de sa bravoure personnelle, lui conciliait l'amour des soldats et faisait

naître la confiance générale que partageait la jeunesse de Tuniversité alors animée d'une grande activité. 11 maintint sous sa dictature le gouvernement provisoire nommé par les ministres, et se mit à gouverner. Mais il ne faut pas croire que ce fussent des ministres réels. Les anciens ministres conservèrent leurs pensions et se reposèrent pendant que les nouveaux, nommés par intérim, remplissaient leurs fonctions et ne servaient qu'à contrôler et à régulariser les actes de l'administration. Le dictateur Chlopicki ne croyait pas avoir le droit de déplacer des fonctionnaires nommés constitutionnellement par Tempereur-roi. En attendant l'ouverture de la diète, les nonces déjà arrivés à Varsovie se réunissaient préparatoirementet faisaientdes conciliabules; afin de connaître les intentions de Chopicki, ils lui envoyèrent des députalions. Ces démarches investigatrices peu convenables de la part des représentants, n'étaient pas du goût du dictateur même. Une fois, il demanda que les délégués des chambres se réunissent dans la salle du gouvernement. Là, il déclara dans sa mauvaise humeur et dans les termes les plus précis, qu'il était toujours le* fidèle sujet de Nicolas , qu'il ne se proposait autre chose, que de maintenir le royaume dans ses limites actuelles, et qu'à l'avenir , la constitution serait plus strictement exécutée; il promettait même que les troupes russes ne tiendraient plus garnison dans le royaume, et il finit par dire qu'il ne voulait plus entrer dans aucune autre explication. Les délégués, après avoir entendu cette étonnante déclaration du dictateur, et craignant d'effrayer la diète et le public, si elle parvenait à leur connaissance, s'engagèrent mutuellement à la garder secrète , sûrs qu'ils étaient que Chlopicki serait obligé de changer d'opinion (35).

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