Dictature confirmée par la diète
L'ouverture de la diète produisit sur Chlopicki une impression des plus pénibles. Il déposa dans la nuit même la dictature et il devait le faire. Mais ceux qui avaient imaginé ce pouvoir monstrueux pour arrêter et étoufifer l'insurrection > surent donner le change à l'opinion publique en répandant les alarmes, et les bruits les plus absurdes. Ils ne cessèrent de crier qu'un grand danger menaçait la patrie , que l'ennemi était déjà aux portes de la ville , qu'à tout moment, i| pouvait envahir la capitale , et que l'armée était sans chef; et l'on répétait lamentablement :« l'armée est sans chef !D es esprits légers ou séduits se déclaraient prêts à défendre les armes à la main la cause de la dictature et de Chlopi^^ki. Le maréchal de la diète, Vladislav Ostrovski, voulant réparer l'échec qui avait déconcerté les plans des contre-révolutionnaires, alla trouver dans la nuit Chlopicki , rédiga avec lui un projet de loi sur la dictature, et sans réfléchir qu'il allait satisfaire les plans du parti russe, il convoqua inopinément
la séance pour le 20 décembre et introdaîsit par force son projet de loi. La chambre surprise et induite en erreur par OstroYski, qui jouissait d'un immense crédit, oubliant le pays, la nation, se mit à délibérer sur la dictature. Il n'y eut que Théophile Moravski qui vota contre. Lelevel déclara qu'en de pareilles délibérations, il regardait le scrutin comme nul. Ainsi le général Chlopicki fut autorisé à reprendre la dictature , au grand regret de ceux mêmes qui avaient voté pour lui. D'après cette décision, la séance fixée au 21 décembre n'eut pas lieu et la diète se sépara sans avoir examiné rétat des affaires , ni déclaré par un acte quelconque sa manière d'envisager la révolution et la cause nationale. Elle nomma seulement deux commissions , l'une pour rédiger un manifeste, Tautre pour l'approuver et le publier, ainsi que pour surveiller le dictateur , et lui ôter le pouvoir en cas de besoin.