‹ Histoire de PologneChapitre 177 sur 219 · Manifeste de la diète · texte numérisé non relu

Manifeste de la diète

Quoique les comniissions nommées par la diète pour rédiger et publier le manifeste possédassent de pleins pouvoirs , ces pouvoirs étaient en réalité inférieurs à celui de la diète elle-même, et très-passifs. N'ayant ni la souveraineté ni l'autorité législative de la diète, elles se trouvaient en face de la dictature constituée par la diète, dont les vues politiques étaient opposées ; la diète ayant proclamé l'insurrection des deux nations , et la dictature respectant la domination de l'empereur Nicolas, et ne connaissant d'autre Pologne que celle du congrès de Vienne. La commission du manifeste se vit obligée de le rédiger de manière à ménager la chèvre et lo chou. Dans le document qu'elle prépara, et qui d'ailleurs n'était pas sans mérite, on produisit les droits imprescriptibles de la nation polonaise et les violences qui la firent succomber ; on déclara que la nation ne s'était soumise aux iiécisions impérieuses du congrès de Vienne que dans l'espoir de trouver dans sa soumission un soulagement momentnnc à ses malheurs, bien qu'elle eût prévu que Tharmonic n'eiïisterait pas longtemps entre le tzar despotique et le roi constitutionnel. Ce document donna aux Russes l'assurance

la plus solennelleque les Polonais n^avaient aacnne haine pour eux , fit connaître aux cabinets les mécomptes que la nation polonaise avait éprouvés, l'oppression qu'elle avait eue à subir, les nombreuses violations de la constitution du royaume, et jusqu'à quel point la nationalité avait été attaquée dans son gouvernement ; il avertit l'Europe du danger dont elle était menacée du côté de l'Orient par l'autocrate russe , et finit par déclarer que, si la nation polonaise était de nouveau abandonnée dans la lutte qui allait s'ouvrir, si le ciel cette fois ne la destinait pas encore à sauver la liberté et la patrie , elle emporterait en succombant cette consolation qu'elle aurait du moins, par un combat à mort, mis à couvert pour un moment l'Europe menacée. Ce manifeste» signé le 5 janvier 1831 , et adopté non sans peine par la commission qui surveillait la dictature, excita la colère de Chlopicki qui menaça de ne point en permettre la publication ; mais le manifeste fut publié nonobstant son opposition.

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