Préparatifs , armements
L'armement était assez avancé. Skrzynecki, en prenant le commandement, trouva le nombre d'hommes sous les armes presque doublé. Malgré l'invasion qui occupait une partie du royaume, ce nombre augmentait toujours. La saison et l'ennemi lui-même favorisaient l'organisation de l'armée. Les glaces de la Vistule étant sur le point de se rompre, Diebitch abandonna les champs de Grochov, et, après avoir retranché son avant-garde àVaver, se retira dans le palatinat de Lublin pour y prendre ses quartiers d'hiver. Les armements pouvaient donc se poursuivre sans obstacles. On compléta les régiments qui avaient perdu du monde dans les comb:.ts; on exerça les troupes nouvellement levées et on les incorpora dans la nouvelle armée. Les préparatifs pour former une nombreuse artillerie, qui se fai-
saient d'abord lentement, étaient aussi poussés avec beaucoup d'activité, de manière que vers la fin de la guerre on comptait trois fois plus de canons qu'on n'en avait au commencement de ia campagne. La fonderie établie à Varsovie parvint après quelques essais à fournir même des pièces de position. Mais on éprouva plus de difficultés à confectionner ou à se procurer des fusils dont le besoin se faisait vivement sentir. Il était impossible d'en faire venir de l'étranger, car la Pologne entourée de la Prusse et de l'Autriche vit bientôt qu'elle était cernéed'ennemis déclarés ou cachés; elle était comme bloquée. Les voyageurs ne pouvaient y pénétrer que par ruse ; les articles de commerce éprouvaient les mêmes difficultés ; l'entrée des espèces ou de métal précieux indispensables alors pour les opérations de la banque, étaient arrêtés; de fortes sommes furent même saisies par ces voisins malveillants. Malgré tous ces obstacles, les armements furent portés au grand complet, et Ton n'attendait que le moment où Skrzynecki jugerait convenable de recommencer les hostilités. L'inquiétude qui s'était emparée des esprits après la journée du 25 février se dissipa et fut remplacée par une confiance absolue dans la bonté de la cause nationale et dans son infaillible succès. Il y eut de nouveau un moment de ce calme solennel qui précède les grands événements. Ces événements se préparaient sur plusieurs points à la fois, dans le royaume, en Litvanie et dans les terres russiennes