Tentative de renverser le gouvernement national
Accouru d'Ostrolènka à Praga, Skrzynecki reçut une députation consolatrice de la chambre des nonces. La députation de retour à Varsovie proposa à la diète d'abolir le gouvernoT ment, conformément à la demande du général en chef. On exposa tous les inconvénients qui résultaient delà nature même du gouvernement composé de cinq membres, des diverses combinaisons des majorités et des présidences, enfin
de la divergence d'opinion parmi les membres du gouvernement. On présenta comme le plus fort argument en faveur de Tabolition , la nécessité d'éliminer Lelevel, dont la présence blessait , disait-on , la diplomatie européenne, et, par cela même , était nuisible à la cause de la patrie. Le nonce Svidzinski démontra la puissance de ce membre en prouvant que lui seul en votant le dernier emportait toujours la décision ; qu'en dirigeant les journaux et en présidant la société patriotique , il s'était emparé de tous les organes propres à influencer Topiriion publique; qu'enfin, ses opinions républi* caines devaient faire repousser sa participation aux actes d'un gouvernement fondé sur les principes de la monarchie constitutionnelle-représentative. Alors des voix éloquentes , organes de l'opinion publique, s'élevèrent en faveur du gouvernement pentarchique ; les journaux prirent une part très-active à la lutte , et, dans la séance du 10 juin , la question du maintien du gouvernement ayant été mise aux voix» 42 membres répondirent affirmativement , 35 négativement. Il fut donc maintenu à la faible majorité de 7 voix (58). Certes, le gouvernement n'était pas à la hauteur de sa mission, mais s'il eût été détruit , le gouvernail de la révolution serait tombé entre les mains de la faction diplomatique, qui s'eflbrçait déjà de la livrer aux cabinets étrangers pour pouvoir d'autant mieux disposer à son profit du sort de la Pologne.
(58) DansceUe diéle, aucune discussion D'acompte autant d'éloquents orateurs. Svidzinski et Malachovski épuisèrent tous les arguments, tous les sophismes contre la peotarchieet lespentarques. De l'autre côté, François Wolovski combattit leurs raisonnements avec toute sa dialectique, approuvant le principe de la pentarchie ; Krysinski, avec une finesse admirable, démasqua l'aristocratie et ses intrigues; Jean Olrich Szaniecki, défendant les idées républicaines, et descendant à la position des personnes, repoussa victorieusement les inculpations des adversaires; Svirski y joignit ses observations particulières avec grand succès..
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