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Composition du gouvernement nationaL

Le gouvernement national était composé de cinq mem* bres qui constituaient une unité irresponsable, car ils étaient censés représenter un roi irresponsable. D'après le nombre des suffrages que chacun d'eux avait obtenu à la diète, ils se suivaient ainsi : Gzartoryski, Niemoïovski, Moravski, Barzykovski , Lelevel. La majorité étant de trois membres, il pouvait se former dix différentes combinaisons. La présidence étant dévolue aux membres qui avaient obtenu le plus grand nombre de suffrages dans la diète , il s^en suivait , qu'il n'y avait que les trois premiers men^bres du gouvernement

CINQnÈME PÉRIODE, DE 1830 A 1831. 349

national qui pussent présider, et c'est sous leurs présidences que se réunissaient les différentes majorités : six différentes sous la présidence de Czartoryski, trois sous celle de Niemoïovski, une sous celle de Moravski. Cela n'entraîna pourtant aucune scission : ordinairement Czartoryski tenait la présidence et signait les résolutions du gouvernement, et rarement Niemoïovski. Cependant il y avait quelquefois dans le gouvernement de vives discussions , occasionnées par la diversité d'opinion de ses membres. Pour opérer une fusion , on imagina d'y joindre des personnes de toutes les couleurs politiques : Czartoryski représentait la haute aristocratie et le parti diplomatique, et comme on savait que Barzikovski suivait en tout son avis , on disait qu'il y avait deux membres d'une même opinion. Niemoïovski et Moravski tous deux du parti de Kalisz, professaient la doctrine de la monarchie constitutionnelle, dont le respectable Niemoïovski, qui possédait l'estime et la confiance de tout le monde, était amoureux et dont il était le plus zélé partisan ; il y avait donc deux autres membres appartenant à une autre nuance politique. Restait Lelevel qui devait à hii seul représenter Qt défendre les principes républicains et la révolution. Or, par cette divergence d'opinion dans le nombre des dix majorités, il pouvait s'en former quatre mixtes ou nulles; trois constitutionnelles ou doctrinaires, trois diplomatiques ou aristocratiques; c'est-à-dire qu'il n'y avait dans le gouvernement de réunion que des deux couleurs, doctrinaire et aristocratique (57). Les membres du gouvernement ,

(57) Voici les combinaisons dont nous parlons et leur couleur • C, N. B. j

G. M. II. \ Majorité aristocratique ou diplomatique. C. B. L. ) C. N. L.

n! m* b' i M'i'JQrité constiliitionneUe ou doctrinaire N* M* L * J ^^^ kaliszans.

Quatre sans couleur^ nulles; ainsi la nulihé prévalait dans le gourernement national.

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ayant partagé entre eux différentes branches de l'administration, expédiaient les affaires pour les ministres : en effet» il n'en manquaitpas qui avaient besoin d*ètre aidés. Le général en chef ne dépendait point du gouyernement, les opérations militaires étaient sous sa direction exclusive ; cependant il avait le droit de siéger comme membre additionnel du gouvernement quand on y traitait des affaires de la guerre , et , toutes les fois qu'il venait à la séance, celui qui avait eu le moins de voix à la diète , était obligé de lui céder sa place et de se retirer. Le principal soin du gouvernement était de fournir au général en chef tout ce dont il avait besoin. Pendant longtemps ses demandes furent raisonnables , et le gouvernement s'empressa de les satisfaire. Plus tard, Skrzynecki voulut augmenter le nombre des généraux , et le gouvernement , qui devait les conOrmer, fut étonné d'en voir présenter à la fois douze à sa nomination , et bientôt après six autres , sans compter ceux qui lui étaient recommandés isolément. Arrivé à Praga, après la bataille d'Ostrolènka , il demanda la destitution du général Krukoviecki des fonctions de gouverneur de Varsovie. Bien que cette demande présentât de graves inconvéniens, le gouvernement s'y prêta encore, par égard pour le général en chef, mais en même temps, Skrzynecki se déclara inopinément, devant quelques membres de la chambre des nonces, contrôle gouvernement lui-même. Le but de cette déclaration était d'écarter des personnes dont la présence gênait les machinations diplomatiques.

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