Gielgud conduit les insurgés Litvaniens en Prusse
Après la malheureuse attaque de Vilna, Gielgud et les généraux qui étaient sous ses ordres ne purent se maintenir nulle part. En se retirant devant l'ennemi, ils se réunirent dans les environs de Szavlé, où il y avait une garnison russe de quatre mille hommes, avec quelques canons. Ils voulurent prendre ce bourg d'assaut, mais la discorde et la négligence des généraux , l'incapacité du général commandant , firent qu'ils ne purent en venir à bout; après un combat mal engagé et mal soutenu, où le sang coula inutilement, ils lâchèrent pied, et se replièrent devant une poignée d'hommes. Cet événement irrita les insurgés et faillit les porter aux dernières extrémités, mais les généraux savaient communiquer aux soldats leur découragement, et les empêcher de prendre des mesures pour remédier au mal. Retirés à Kurszany, ils se partagèrent en trois divisions. Chlapovski et Gielgud, après avoir trompé par des mensonges les soldats et les insurgés, entrèrent les premiers en Prusse, le 12 juillet, et mirent bas les armes. L'exaspération des soldats trompés et trahis était à son comble. Au moment où la division de Roland passait devant celle de Gielgud, qui était déjà sur le territoire prussien , un officier , nommé Skulski , emporté par un sentiment d'indignation, sort des rangs de cette division, court sur Gielgud et l'étend raide mort d'un coup de pistolet, criant: « qu'ainsi périssent les traîtres. » Roland continua sa route , et quatre jours après se sauva aussi en Prusse. Ainsi périt la belle armée envoyée en Litvanie, et les insurgés de cette province, partageant Je sort de l'armée, furent livrés aux Prussiens, qui les traitèrent comme prisonniers de guerre, La Litvanie et la Samogitie se couvrirent de deuil. Désormais il y régna un silence lugubre, interrompu par les malédictions et les gémissements clés victimes,
OU par le fracas da passage des troupes victorieuses. Dembiaski seul partit avec sa division de Kurszany et, s'enfonçant dans la Litvanie, disparut pour quelque temps au milieu des Russes.