‹ Histoire de PologneChapitre 204 sur 219 · Non^intervention · texte numérisé non relu

Non^intervention

Depuis la révolution de juillet, on parlait beaucoup de la non-intervention, ce qui voulait dire que les puissances étrangères n'avaient pas le droit de s'immiscer dans les

aiTaîrcs intérieures des autres pays. Il était donc évident que l'insurrection de Pologne devait être à l'abri de Tintervention des puissances étrangères, car la diplomatie européenne observant les traités du congrès de Vienne, regardait la Pologne comme partie intégrante de la Russie. Mais cette non-intervention fut reconnue tout d'abord comme impuis* santé à protéger la Pologne contre Thostilitéde ses voisins et finit par être violée impunément à son égard. La politique des cabinets de Berlin et de Vienne élçva des barrières hostiles autour de la Pologne insurgée, de manière que personne ne pouvait en sortir ni y pénétrer. Un grand nombre de médecins qui accouraient de TAllemagne, de l'Angleterre et de la France pour apporter des secours aux blessés et aux cholériques, n'arrivèrent à Varsovie qu'après avoir essuyé toutes sortes de chicanes. Quelques militaires, qui venaient de la France, éprouvèrent encore de plus grandes avanies, et il n'y en eut que quelques-uns d'entre eux qui parvinrent h entrer dans les rangs des guerriers polonais (60). Nous avons déjà vu que la saisie de sommes destinées à la banque , et de marchandises achetées à l'étranger, occasionna des pertes immenses à la Pologne. Enfin par la dernière et la plus criante violation du principe de la non-intervention des secours furent donnés par la Prusse aux opérations de Paskiévitch. Cela se passa à la face de la diplomatie européenne, et personne n'osa réclamer contre cette injustice; aucun ministre n'ouvrit de protocoles. Bien que le principe adopté et reconnu par les cabinets fut violé, cette violation n'ébranla pas les alliances des monarques, ne porta aucune atteinte à la paix, ne provoqua pas la moindre protestation. Comment donc pouvait-on s'imaginer que les alliés de Nicolas feraient quelque démarche en faveur dç \b^ Pologne,

(60) Le colonel le Gallois, de Saavre, G. de Montebello, français ; le général Ramorino, génois; le général Langermann, allemand ; le nnûo** F. ZcUner, suisse ; (Kosciaszko avait terminé ses jours dans la maison de sa famille). Il y eût grand nombre de médecins qui accoururent de toutes parts. Anlomarchi qui avait assisté Napoléon dans ses derniers moments. Brand in qui avait rendu le même service à Bolivar; Briére'de Boiscmont, Legallois, Sédiliot, Chambrais et grand nombre d'autres.

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