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Dèmblnski vent usurper le pouvoir suprême

Aussitôt que la colère du peuple se manifesta par les premières voies de fait, le prince Adam Czartoryski quitta Varsovie, et se transporta au quartier- général. L'action gouvernementale, qui n'avait jamais eu beaucoup de vigueur, finit par se relâcher tout-à-fait en présence des événements qui la débordèrent, et par les dispositions des membres du gouvernement qui se dégoûtèrent de leurs fonctions. Le 16 août, on se proposait au quartier-général de réprimer sur le champ par la force armée la sédition populaire ; on parlait de faire fusiller sans jugement les perturbateurs, c'està-dire, tous ceux qu'il plairait de regarder comme tels, ou au moins de les faire exécuter par une justice expéditive. Le 17 août, Dèmbinski, général en chef par intérim, occupa militairement la capitale, et fit afficher une proclamation où il disait que le peuple de Varsovie, ayant assassiné des personnes innocentes, égorgé des femmes et des enfants, il ferait punir les coupables de tant de forfaits avec la plus grande sévérité. On disait que cette proclamation, pleine de honteux mensonges, de calomnies atroces, de menaces stupides, était nécessaire pour satisfaire la diplomatie européenne. Be retour dans la capitale, le prince Adam Czartoryski, conjointement avec les autres membres

(67) Bonaventare Nieroolovskl fut effectivement appelé à rédiger une proclamtlioD , lorsque ceUe de Théodore Moravski fut jugée inadmissible; Borodyski en composa aussi une qui n*obtinl point les suffrages. EoGn , après de longues discussions, depuis 5 heures du matin jusqu'à midi, la rédaction proposée par Lelevel fut acceptée , bien que tronquée.

du gouvernement, envoyèrent à la diète leur démission qui fut acceptée, et depuis ce moment, ils ne se mêlèrent plus de rien. En même temps , le colonel Zalivski fut arrêté au camp. Dans la ville, Dèmbinski fit conduire en prison Tabbé Pulaski et quelques autres personnes, pour la plupart de la société patriotique; l'arrêt devait être prononcé et exécuté dans les cinq heures, et Dèmbinski, appuyé de la force armée, devait déclarer à la diète qu'il s'emparait du pouvoir suprême, et se proclamer dictateur. Mais tous ces plans s'envolèrent comme la fumée. Le peuple fut indigné par la proclamation diffamante de Dèmbinski, et l'opinion ne vit plus en lui le héros que naguère elle élevait aux nues, mais bien un homme violent, un calomniateur du peuple, ne reconnaissant ni lois ni justice, dérogeant aux pouvoirs de l'état, et qui se laissait conduire par la faction qui était la cause de tous les malheurs de la patrie. Le peuple fraternisa bientôt avec les régiments campés dans les rues, et attendit avec calme les décisions- de la diète, où l'on déclara que si Dèmbinski osait paraître dans la chambre, il n'en sortirait pas vivant. Les cinq heures fatales s'écoulèrent, et les affaires changèrent de face. La diète vota une nouvelle loi concernant le gouvernement. D'après cette loi, il ne devait y avoir qu'un seul président investi du pouvoir exécutif, et pouvant nommer les généraux en chef. Rrukoviecki, nommé président du gouvernement, laissa à Dèmbinski le commandement de l'armée; mais bientôt il le lui ôta et le donna au vieux Kazimir Malachovski.

91 Miêndzirzec.

Le général Krukoviecki trouva environ soixante mille hommes avec cent quarante canons, à Varsovie, six mille à Modlin, quatre mille à Zamosc, sans compter le corps de Samuel Rozycki, dans le palatinat de Sandomirz, qui pouvait monter à dix mille hommes. Toutes les forces russes réunies autour de Varsovie ne dépassaient pas quatre-vingt-dix mille hommes, mais elles pouvaient d'un moment à l'autre recevoir des renforts et opposer en cavalerie et en artillerie des forces beaucoup plus nombreuses que celles des Polonais. Ainsi,

3T1 ftÊVOLOTfON.

les forces respectives des deux parties étaient à peu près égales. Les soldats polonais, toujours animes du meilleur esprit, étaient prêts àmarcher à Tennemi, mais malheureusement on ne remarquait plus dans les chefs la même ardeur. Paskiévitch coupait déjà les communications du gros de Farmée polonaise avec Samuel Rozycki, tandis que d'autres généraux russes arrêtaient les transports des vivres du côté de Praga. Pour se développer un peu et respirer plus à Taise, le général Lubienski fut envoyé dans le palatinat de Plock avec trois mille hommes, et le général Ramorino vers Brzésc, avec vingt-cinq mille hommes des meilleures troupes. Le premier se porta sur Plock puis se replia sur Modlin. Le second, après avoir perdu quelques marches, remporta le 29 août une belle victoire à Rogoznica, non loin de Mièndzirzec, mais non pas telle qu'elle aurait dû être. De là il poussa jusqu'à Brzésc, éloigné de cinquante lieues de Varsovie, au moment où Fennemi se disposait à engager le combat sous les remparts de la capitale. Ramorino fut donc obliger de rebrousser chemin, sans avoir prit Brzésc, et quoique la capitale demandât son prompt retour, il ne se pressait point et marchait à petites journées, reposant ses troupes et perdant par là un temps précieux.

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