‹ Histoire de PologneChapitre 75 sur 219 · Contestation au sujet de plusieurs districts · texte numérisé non relu

Contestation au sujet de plusieurs districts

Lorsque Kazimir, grand-duc de Litvanie, fut appelé au trône de la Pologne , les Litvaniens lui firent promettre et jurer qu'il ne détacherait aucune des terres en leur possession, qu'il ne diminuerait pas la Litvanie dans sonétendu<}

et n'abaisserait sous aucun rapport ses conseils, cest-à-dire le sénat. Ils voulurent même reculer les frontières du duché au dépend de la Pologne. Au commencement du règne de Kazimir, ils prirent possession de différents cantons et districts situés dans la Podlasie et les environs de Brzésc. En 1452, ils s'emparèrent de Luck , Vlodzimirz et Horodlo. Après la mort des Buczacki qui défendirent la Podolie contre leurs attaques, ils se saisirent, en 1457, de toute la partie méridionale de cette province avec Braclav jusqu'à la rivière Murakva. Les citoyens de la Petite-Pologne, irrités de cette conduite, demandèrent au roi avec hardiesse de réprimer l'insolence des aristocrates litvaniens (41). Les Polonais

(41) Discours dr Ritvianski. — Kazimir-Jagellonide obligé de tenir, en 1459, une diète à Piolrkov, ne 8*y rendit qu*avec une nombreuse escorte de gens armés , moins propres à étouffer une sédition qu*à la faire naître. Les nobles du palatinat de Krakovie, surpris de cette nouveauté, prirent aussi les armes et n'entrèrent dans la ville que comme dans un camp ennemi. On fut quelque temps à s'observer dans la première séance. Chacun par une assurance affectée voulait se faire craindre et se fit craindre en effet. On prit bientôt le parti le moins dangereux , et avec cette hardiesse toujours sûre de plaire dans une république, Jean Ritvianski, slaroste de Sandomir, rompit le silence et s'adressanl au roi, lui reprocha tous ses désordres dans le discours suivant {SoU^nac) :

« Sire! Nos calamités sont notoires; elles partent de vous. Si la nafion n'avait été surveillée par la providence divine, nous eussions déjà succombé et péri. C'est un destin indigne qui nous a forcé à exiger la réunion de la diète actuelle, afin de demander la réforme et la direction des affaires publiques de votre part et de la part de vos conseils. On y a consenti à contre-cœur et la preuve en est qu'avant que la convocation fût décidée, les nobles de la terre de Chelm, Sigismond de Laliczev et Vicrzbiènta de Siennica, qui font la même cause avec nous, furent maltraités, arrêtés et blessés par votre staroste, Jean Kuropatva. Mais nous autres qui agissons pour la cause publique lorsque les prélats et les barons dissimulent, nous sommes odieux et détestés, vous nous appelez toujours vos ennemis, et c'est le motif pour vous de faire venir tant de gens armés; cependant, nous disons que nous sommes vos sujets et amis sincères, mais nous gémissons et, tout étonnés, nous déplorons que vous nous soyez contraire et hostile à notre patrie. Vous avez détaché de

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démontrèrent, au contraire, qae la Litvanie accédant à son union avec la Pologne, devait lui restituer toute la Podolie , la Volynie et Tllkraïne avec Kiiov ; ils rappelaient qu'on leur

la Pologne une terre considérable, celle de Luck, avec plusieurs cantons des environs de Brzésc, en les attachant aux domaines de la Litvanie. En nous dépouillant et expulsant de la terre notable et de ses campagnes, vous les avez concédées aux seigneurs qui n* avaient aucun droit de les posséder. Non content de cela, vous vous efforcez et désirez avidement d'enlever la Podolie à la couronne, en faveur de la Litvanie. Cest un joli cadeau pour vous, lorsque les Litvaniens enlèvent, par surprise, dans la Podolie, des places fortes, des bourgs et des possessions. Vous avez incorporé au duché delà Litvanie les deux districts de Goniondzet de Yéngrov, arrachés par force aux ducs de Mazovie, qui sont vos vassaux de la dépendance de la Pologne. Vous avez même inspiré aux Litvaniens, qui dépendent et sont soumis à la Pologne , tant d'orgueil, qu*ils refusent de combattre l'ennemi commun, les chevaliers, et à se conformer à vos ordres. Vous nous consumez par cette monnaie légère et sans valeur que vous faites fabriquer. Vous tolérez des bri^ gands, des concussionnaires, des voleurs et d*autres malfaiteurs, particulièrement des faux monnayeurs, fermant les yeux sur les ennemis et les scélérats qui dévorent le pays. En prodiguant les domaines royaux, vous les dissipez sans fruit; par des exactions et des stations, vous surchargez et épuisez le pays à tel point, que les villes et les campagnes sont désolées. Vous êtes sourd aux plaintes des veuves, des orphelins et des opprimés comme si Tadminislration de la juslice n'existait plus sous votre gouvernement ; vous dépouillez la couronne d*armes, de chevaux, d*or et d^argent pour équiper la Litvanie. Votre père cependant, votre frère Vladislav, roi de Hongrie et de Pologne, et vous même, vous avez obtenu tous le» honneurs^ tout Téclat, toute la gloire et beaucoup de bénéfices de la Pologne. Lorsque votre parent n'était duc que d'un petit coin de la Litvanie, c'est l'assistance et le zèle des Polonais qui le firent maître de toute la Litvanie. Inconnu, obscur, palen« Il est parvenu , par les Polonais, à la connaissance de toute la chrétienté , à la lumière de la Foi et à sa haute renommée ; il recouvra la Samogitie et plusieurs provinces lltvaniennes, des mains des chevaliers teutoniques, par les bras des Polonais, pour les restituer à la Litvanie. U vainquit les vainqueurs par les armes des Polonais. Après un long règne de votre père, nous avons élevé votre frère, non-seulement au trône de Pologne, mais aussi à celui de Hongrie. Après sa mort glorieuse, nous vous vonas illustré de notre couronne et d'une alliance brillante. Dans la

lOi POLOGNE FU)RISSAKTE.

promit, sous Jage11o.dc satisfaire à ces demandes, parce que ces pays composaient autrefois le duché de Russie ou deHaliez qui appartenait l<5gitimement à la Pologne, et n'avaient jamais fait partie de la Litvanie.

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