La Litvanie affolblle. — Ses pertes
Cependant la Litvanie, agitée de tant de dissensions, ruina sa fotce et perdit la prépondérance qu'elle avait acquise sur différents pays. Ayant fait beaucoup de tort à la Pologne, elle ne put espérer aucun des secours qu'elle avait déjà reçus maintes foîsj c'est pourquoi elle se trouva trop faible pour s'opposer à ses ennemis qui se saisirent des grandes et spacieu.ses provinces de son ressort. Les Tatars dePérékop passèrent, en 1475, sous la domination des Turcs, et la Pologne perdit à cette occasion, en 1484, Kilia et Bialygrod, deux ports en Moldavie, situés sur la mer Noire, dont les Turcs se sont emparés. Du côté de Moskovie, les pertes étaient bien plus considérables. En 1460, la Litvanie se vit privée de Pskov, et, en 1479, de Novogorod-la-grande que le duc de Moskovie prit sous sa domination; les ducs de Sievierz, en 1490, se soumirent de leur propre gré à l'autorité de ce même duc. Les aristocrates de Litvanie, voulant toujours se tenir séparés de la Pologne lorsque Jean-Albert monta sur le trône, choisirent Alexandre, pour leur grand-duc et ils perdirent encore le reste des spacieux duchés de Sievierz, Bransk, Starodub, en 1494. On peut voir ces pertes immenses sur la carte n» 8. Les seigneurs et le sénat furent enfin effrayés de tant de désastres; ils renouvelèrent à Vilno l'union de
Jagello, et, à la nouvelle de la mort de Jean-Albert, en 1499, ils envoyèrent en Pologne une députation, dont le chef était Tabor, évèque de Vilno, pour assurer qu'ils voulaient conserver une alliance durable et obéir au même maître; c'est-àdire que la même personne devait toujours réunir en elle le titre et Tautorité du roi de Pologne et du grand-duc de Litvanie.