‹ Histoire de PologneChapitre 89 sur 219 · Cuisiiie. — Jardins · texte numérisé non relu

Cuisiiie. — Jardins

Aux repas somptueux des seigneurs, on servait des vins muscat, tokaï, malvoisie. Les tables étaient couvertes de nappes précieuses, richement brodées, sur lesquelles on étalait l'argenterie, la verrerie peinte et les plats et les assiettes. Chaque convive avait une serviette brodée. Les mets étaient arrangés sur les plats avec un goût bizarre. On y voyait un mouton doré à côté d'un aigle ou d'un coq j d'une autre part, on figurait une demoiselle qui dérobait à la vue des convives des friandises de nouvelle invention. Chez les gens de fortune modique, on imitait la garniture de table , mais on se contentait de l'hydromel, de la bière, de l'eau-de-vie. Les mets , préparés suivant l'ancienne coutume , étaient moins recherchés et servis chacun sur un plat particulier. Une nouvelle espèce de gruau {kasza) y augmenta leur variété , préparé avec du sarrazin, dont on commença la culture. La manière de préparer les mets devenait plus exquise. Les jardins, multipliés, fournissaient des fruits , des plantes potagères, toutes sortes de légumes et servaient de lieux d'agréments. Leurs vergers, gazons et différents parterres de fleurs étaient artistement plantés et arrangés à la façon italienne. On voyait partout une suffisance qui assurait le bien-être , et l'abondance qui prouvait la richesse du pays. On voyait que la Pologne recherchait des communications avec l'Europe occidentale et profitait de ses exemples j elle introduisit chez elle tout ce qu'elle y trouva de bon. Il est utile et louable de mettre à profit l'expérience des autres. Les Polonais ne se bornaient point à imiter le jardinage, l'habillement et quelques manières étrangères, ils observaient aussi les lumières, les connaissances et les doctrines des autres. Mais ce goût d'imitation ne leur fit point négliger la langue ni les mœurs nationales. Attachés à leur nationalité et aux vertus qu'ils tenaient de leurs ancêtres, ils reconnaissaient comment certaines institutions défectueuses de la république devaient être réformées. Sigismond-Auguste

voyait avec satisfaction les esprits bien disposés pour corriger les abus, et, tout en leur offrant son appui, il savait les rappeler à leurs devoirs lorsqu'ils s'en écartaient.

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