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On se ressent toujonrs des vices de la Jeunesse

Il ne faut pas oublier les faiblesses et les défauts de Sigismond-Auguste , car il se ressentit de sa mauvaise éducation dans son âge avancé et des dérèglements de sa jeunesse par le dérangement de sa santé. Peu de temps après la mort de Barbe, il renoua son alliance avec la maison d'Autriche, par un nouveau mariage; mais sa troisième épouse ne posséda pas des qualités propres à le captiver ni à le consoler; sa stérilité et sa maladie épileptique le dégoûtèrent. Il s'en sépara sans pouvoir obtenir le divorce. Toutes ces contrariétés ' remplissaient d'amertume les loisirs que lui laissaient ses ! occupations publiques. Les courtisans, dans le but d'obtenir \ ses bonnes grâces, inventaient des divertissements, l'en- j traînaient dans des plaisirs, réveillaient les vices de sa j jeunesse. Enfin la mort le délivra de cette troisième femme 1 qui lui était si peu agréable et ce roi, qui avait rendu de si . I grands services à la république , se laissa dominer par les courtisans et les femmes qui surent gagner sa faveur. Il avait plusieurs femmes qui le débauchaient, cependant Gizanka réussît le mieux à maîtriser le roi et à exploiter ses trésors et son argent. Différentes personnes trouvaient aussi "*Si les moyens de mettre à profit les richesses que le roi affaibli ^ ; répandait avec profusion. On accusa plus spécialement que tous les autres, les Mniszech qui possédèrent sa confiance secrète. La cour de Kniszin où le roi passait ses derniers jours, devint le recoin de séduction et d'intrigue. C'était encore des siècles de superstition. SLgismond- Auguste eut aussi la faiblesse d'ajouter foi à la sorcellerie et à la magie. Affligé de la goutte et d'autres infirmités, conséquences •

TROISIÈME PÉRIODE, DE 1333 A 1587. Ii9

bien naturelles de sa vie déréglée, trouvant d'autant moins de soulagement auprès des médecins, qu il ne voulait pas suivre un bon régime ; il se confia aux charlatans. Sans doute il n'est pas impossible qu'un homme sans instruction puisse par l'expérience seule connaître un bon remède et donner des conseils salutaires, cependant Koricka et d'autres femmes intrigantes auxquelles Sigismond-Auguste s'adressa, feignant de posséder des connaissances magibues , abusaient de sa confiance trop crédule. Un jour elles le faisaient promener trois fois autour de son cabinet , un autre jours elles lui détachaient et arrachaient ses cordons et ses boutons , n'oubliant jamais de se faire bien payer. Le roi résidant constamment à Kniszin se laissait mener de cette manière et prodiguait ses trésors, en même temps qu'il perdait le reste de sa santé. Ses maîtresses étalaient un luxe effréné et sa sœur Anne avait à supporter de grandes privations. On voyait sortir tous les jours, de Kniszin, des objets précieux enfermés dans des malles ou des coffres , qui allaient à destination par terre et par eau. Enfin il fut dépouillé si complètement, qu'à sa mort en 1572 , on ne trouva pas de quoi payer ses funérailles , ni même de quoi habiller son corps avec décence j il n'y avait ni chaîne , ni bague, qui devaient nécessairement distinguer ses dépouilles mortelles.

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