Sigismond III. La maison de Ilabsburg veut acquérir
la couronne.
La puissance de la maison autrichienne de Habsburg était depuis quelque temps très-grande en Europe. Elle possédait plusieurs trônes. Une branche régnait sur l'Allemagne , la Bohème et la Hongrie ; l'autre , sur l'Espagne et les pays qui en dépendaient. Elle porta aussi ses vues sur la couronne de Pologne. Voyez la table généalogique , et vous y trouverez les candidats à la couronne de Pologne, dans la personne de Maximilienll, de son fils Ernst et de son neveu Maximilien. S'ils ne réussirent point à se faire élire, ils cherchèrent d'allier leur maison à celle de la Pologne , de sorte que cette famille fournit pendant quatre générations des reines à la Pologne. Vous le voyez très-clairement sur la table généalogique. Mais cette maison se montrait peu favorable pour les libertés, par conséquent elle n'était pas agréable à la noblesse , qui craignait pour ses privilèges et ne voulait pas s'exposer aux perfides hostilités des Habsburgeois , contre les diètes et autres.institutions républicaines. Non-seulement elle s'en défiait, mais elle se plaignait encore des intrigues quela maison d'Autriche ne cessait d'ourdir depuisSigismondle-vieux. La noblesse éprouvait déjà pour elle une grande
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POLOGNE EN DÉCADENCE
aversion, lorsque après la mort d'Etienne ftatori, en appela au trône Sigismond III, Vasa, flls du roi de Suède, né d'une Jagellone. Ce prince rappela aux Polonais et aux Lituaniens les beaux souvenirs du sang qui soutint pendant tant d'années la splendeur de la Pologne. Zamoïski ayant toute la prépondérance dans la nation, concourut avec elle à ce choix. Il se forma cependant un parti contraire qui tourmenta la concorde. LesZborovskiet leurs partisans, ennemis de Zamoïski, insensibles à l'intérêt de leur patrie, ne se bornèrent point à offrir leurs suffrages à la maison d'Autriche, mais ils conduisirent au trône Maximilien , archiduc d'Autriche, à main armée. Zamoïski repoussa, en 1388, tout ce parti des portes de Krakovie, le poursuivit jusqu'en Silésie et le battit près de Byczyna (Pitschen), où Maximilien fut fait prisonnier. Conduit à Krasnystav, Maximilien ne recouvra sa liberté que sous la condition de renoncer à toutes ses prétentions au trône. Cependant la maison d'Autriche continua ses menées afin de s'ingérer dans les affaires de Pologne.