‹ Histoire de Pologne (volume 2)Chapitre 131 sur 274 · Altercations intestines. Irritation · texte numérisé non relu

Altercations intestines. Irritation

Je ne finirais jamais, si j'entreprenais de faire connaître toutes les dissensions qui éclataient sur tous les points de l'état, au temps de Sigismond III. Je donnerai seulement un aperçu général de ces désolantsévénements. La discorde était entre les seigneurs qui se contrariaient. Plusieurs étaient mécontents d'avoir perdu leur influence à la cour; d'autres accusaient le roi d'éloigner son bon conseil. Il y avait des querelles et des rixes entre les écoles. Les dissidents se plaignaient de ce qu'on ne les admettait plus aux emplois publics et qu'on les privait de leurs églises. En 1595, à Brzesc, on renouvela l'union entre les églises grecque-russienne et latineromaine. Les intrigues y jouant leur rôle, elle déplut à un grand nombre du rit grec qui la rejeta, se sépara décidément du pape et forma une désunion. Ce sebisme occasionna dans les provinces russiennes des troubles, des violences et môme de sanglantes émeutes qui souillèrent le règne de Sigismond III. Dans les tracasseries avec les protestants, on en venait aux mains et le sang coulait dans les v illes de Pologne et de Litvanie. Ainsi la république fut tout-à-coup, de la manière la plus désolante, en proieàdes altercations envenimées au dernier point. Les enfants d'une même patrie, s'irritaient les uns contre les autres, le frère se défiait de son frère. Vous devez apercevoir, mes ehersamis, combien, dans cet état de souffrance, la république avait besoin d'amélioration, mais elle n'en trouva pas (52).

(52) Dernier discocrs de Jean Zamoïski, tenu à la diéle de 1G05, avant le second mariage de Sigismond III. Zamoïski, se levant de sa place, s'avança vers le trône et prit la parole :

« Sirel ne vous offensez pas de la manière insolite, dont je quitte ma chaise curule ; je vais vous faire connaître mes opinions au sein de la chambre. Je ne le fais point par légèreté, mais afin que votre majesté et tous les pères réunis puissent m' entendre. J'ai perdu la santé dans les fatigues de la guerre et au service de ma chère patrie ; la voix me manque et ta vieiliessc m'accable. Je dirai donc de cette place ce que je pense être utile dans les perplexités actuelles pour le bien et la gloire de la Pologne. Je répète d'abord ce que j'ai dit autrefois sens que mun conseil fut suivi, cl il est probable qu'il ne le

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