Vladlslav IV. LesKozaks asservis
Lorsque Valdislav IV, dont la bravoure était déjà connue monta sur le trône après la mort de son père, il alla à la rencontre des Moskovites qui assiégeaient Smolensk, les vainquit en 1633, sous les murs de cette cité, et conclut un traité de paix à Viazma, en 1634. Bientôt, par la médiation des autres puissances, il conclut avec les Suédois, en 1655, le traité de Stumsdorf, par lequel il recouvra toute la Prusse et assura de cette manière la paix à l'extérieur. Il voulut de même rétablir la bonne harmonie dans l'intérieur : mais il ne put jamais parvenir à réconcilier les catholiques, ni avec les protestants, ni avec les désunis du rite grec. LesKozaks, peuple de ce rite désuni, qui montraient beaucoup d'insubordination , en contractant avec les Autrichiens des relations trop intimes et en inquiétant la Turquie par leurs agressions, ce qui pouvait allumer une guerre dangereuse à la Pologne, se plaignaient qu'on cherchait à les convertir et à les contraindre à changer de religion ; que les starostes et les seigneurs s'efforçaient à l'aide des juifs de les réduire à la condition des serfs , à les assujettir à la corvée dont ils avaient été exempts jusqu'à ce jour. Ils s'entretenaient des franchises dont ils jouissaient, et réclamaient le droit de citoyen. Leur esprit remuant offrit plus d'une fois des dispositions à la rébellion. Sous le règnede Vladislav IV, effrayés de l'érection de la forteresse de Kudak, ils prirent les armes et la révolte éclata , mais ils furent bientôt vaincus et punis sévèrement. En 1638, on les priva du droit d'avoir unhetman ; plusieurs milliers seulement furent employés au service militaire et le reste fut soumis à la condition des serfs. Leur chef Pavluk, malgré l'assurance qu'il avait reçue d obtenir la vie siuve , fut décapité. Telle
fut l'origine de la haine de cette nation de désunis contre la noblesse catholique , et des guerres terribles et désastreuses qui ensanglantèrent ce vaste pays.
t65. La noblesse consolide sa puissance et son égalité.
Quoique le règne de Vladislav IV fut glorieux par quelques victoires et par des traités avantageux, cependant l'état intérieur de la Pologne ne s'améliorait point. Les discordes, les oppressions , les mécontentements réciproques se soutenaient. Vladislav IV conçut l'idée d'introduire plusieurs nouveautés incompatibles avec les institutions républicaines : il projeta d'établir l'ordre de l'immaculée conception de la sainte Vierge; il voulut entreprendre la guerre contre les Turcs sans se référer à l'ordre équestre, suivant principalement les conseils de Jérôme Radzieiovski et de Georges Ossolinski, grand chancelier de la couronne, il faisait armer les Kozaks. Le bruit courait qu'avec leur concours il pensait humilier la noblesse. La noblesse, jalouse de ses droits et de ses privilèges, alarmée des démarches inexpliquables du roi , à la prochaine diète de 1646 , lui prescrivit de rompre ses alliances, de dissoudre ses nouvelles troupes et de ne conserver auprès de lui que 1200 hommes formant sa garde d'honneur. Ne voulant souffrir aucune distinction, ni aucun titre spécial qui distinguassent les citoyens les uns des autres, elle les défendit expressément encore à la diète 1638, afin de maintenir positivement l'égalité nobiliaire. Par conséquent , l'ordre de la conception , ne pouvant obtenir aucune sanction , tomba de lui-même. Bien qu'on laissât à quelques évêques et à plusieurs seigneurs issus des ducs russiens où litvaniens , prendre le titre de princes , ainsi qu'aux Ossolinski, celui de comte; cependant ces titres de prince n'avaient aucune importance civique et n'étaient employés que par un petit nombre de familles ; les autres ne voulurent point en profiter et les négligèrent entièrement. Quant au titre de comte, on le dédaigna partout et la dignité nobiliaire de gentilhomme était considérée à tel point , qu'ajouter le titre de comte en parlant à un homme noble, même riche et de haute considération, c'était lui faire
POLOGNE EN DÉCADENCE
injure. Cette dignité de noble répondait au titre de prince de l'empire allemand et était comparée aux sept électeurs de l'empire. On rencontre plusieurs exemples de princes étrangers qui cherchaient à obtenir la naturalisation , c'est-à-dire, à obtenir le titre de noble polonais , comme une distinction très-flatteuse et d'autant plus estimée , qu'on éprouvait plus de difficulté à l'acquérir , car il fallait, pour y parvenir, le consentement de la diète. On l'accordait par l'anoblissement à ceux qui n'étaient pas nobles. Et les nobles étrangers obtenaient la naturalisation, appelée l'indigénat. La noblesse devait donc, par une conduite sage et irréprochable, conserver toujours à cet état l'estime et la haute considération dont il jouissait.
Il confient de lire ici les chapitres 94 à 186 de considérations sur l'état politique de l'ancienne Pologne.